jeudi 25 janvier 2007

9° Fanfiction: Des fleurs pour Randy.

Randy était dans son bureau à éplucher des colonnes et des colonnes de chiffres. Les notes de frais des agents étaient innombrables et ils en abusaient en en utilisant une par produit: ici, un stylo, là, un péage de parking et encore une note de pressing et pour couronner le tout… un bouquet de fleurs!!! Qui osait faire payer ses fleurs par l'agence? Il ne voulut même pas savoir, même s'il en avait une certaine idée.
Il repoussa tous ces petits bouts de papier et se rejeta en arrière dans son fauteuil. Il en avait assez de ces calculs, de ces vérifications qui lui attiraient les foudres des autres agents; il avait envie d'appartenir au FBI entièrement, pas seulement en tant que gratte-papier, d'avoir une accréditation comme les agents actifs, bref, il avait en quelque sorte envie de jouer les James Bond.
Il avait fait des études honorables à George Washington qui lui avaient permis de postuler au FBI. Et voilà, maintenant, il additionnait les notes de frais. Glorieuse tâche! Tous les autres agents l'évitaient, voire même le détestaient, et lui se retrouvait isolé au milieu de tout ce personnel qui ne s'adressait à lui que pour réclamer quelque chose ou pour lui voler dans les plumes. En y pensant, il passa sa main sur son crâne bien dégarni et se dit que des plumes, il n'en avait plus beaucoup!
Il avait la quarantaine. "Comme Leland", se dit-il et il était seul dans la vie, mais pas comme Leland. Comment ce type avait-il pu épouser une femme de la classe d'Alexandra? Elle n'était franchement pas dégoûtée. La fortune familiale, c'était sûrement ça. Mais non, elle venait d'une famille tout aussi fortunée. Son physique? Une grande asperge sans forme, voilà à quoi il ressemblait.
Lui, Randy, était tout en rondeurs, plutôt de quoi rassurer une femme et sans être riche, il vivait confortablement après avoir fait de bons placements. Il faut reconnaître que pour ça il avait du flair. Il se trouvait plutôt beau et était certain que ses lunettes lui donnaient un air intellectuel. Satisfait de lui, il ne comprenait toujours pas pourquoi il n'arrivait pas à nouer le contact en dehors des membres du club du troisième âge de sa mère.
On frappa à sa porte:
- Entrez!
- Coucou, bonjour Randy! Comment vas-tu?
C'était Arlen qui vint s'asseoir sur un coin du bureau en croisant les jambes. Elle était bien la seule qui s'adressait spontanément à lui, sans arrière pensée. Elle lui fit un sourire de requin qui le troubla.
- Alors mon chou, tu as l'air tout tristounet! Ca te dirait de venir boire un verre avec moi, après le boulot?
Il se sentait rougir jusqu'aux oreilles. Elle décroisa les jambes et se mit debout presque tout contre lui. Il se sentait minuscule, la tête perdue à la hauteur de la poitrine plus que généreuse de l'infirmière du FBI. Il bafouilla un oui timide. Alors Arlen, dans un geste théâtral fit tourner le fauteuil, bascula le dossier et donna un baiser carnassier à ce pauvre Randy, tout étourdi par cette audace, mais ravi. Quand elle retira sa bouche de ses lèvres, il resta sans voix et ne put que faire un petit signe de la main à son amoureuse volcanique qui retournait à ses piqûres.