jeudi 25 janvier 2007

15° Fanfiction: La spirale.

Dem arriva en courant dans le bureau. Il regarda partout autour de lui comme s'il cherchait quelqu'un:
- Est-ce que Myles est déjà là? Demanda-t-il.
- Pas encore, répondit Sue.
- A voir ta tête, on dirait qu'il va y avoir du grabuge, remarqua Jack.
- Terry MacCall, alias Tom Campbell, l'ex d'Alexandra vient d'être relâché pour bonne conduite.
La consternation se lisait sur les visages.
- C'est une mauvaise blague? Interrogea Bobby.
- Non, affirma Tara qui achevait de pianoter des données sur son ordinateur. Il a été libéré de la prison d'état, il y a six jours. Il est suivi par Alvaro Rodriguez, son agent de probation et travaille dans une station service sur l'autoroute 395 au niveau de Kingstreet. Il habite dans un petit motel, pas très loin, le Kingsmotel.
- Myles va nous péter les plombs quand il va savoir ça, conclut Jack. Souvenez de la première fois. (Voir "Quand le passé nous rattrape").
Myles arriva là-dessus en sifflotant. Lucy détourna la tête et tous se tournèrent vers Dem. C'était à lui, le superviseur, d'annoncer la nouvelle.
- Content de te revoir parmi nous, Myles, fit-il.
- Merci, moi aussi, je suis content de vous revoir. Quoi de neuf? répondit le nouvel arrivant.
Dem s'éclaircit la voix et lui tendit le message qu'il venait de recevoir:
- Désolé, mon vieux!
Myles s'assit tout doucement dans son fauteuil. Il ne pouvait détacher ses yeux de ce bout de papier où il lisait le nom de celui qui avait failli être à l'origine de la plus grosse bêtise de sa vie.
- Il faut que je prévienne Alexandra, dit-il d'une voix blanche. Elle doit savoir.
Ses amis compatissaient sincèrement. La journée commençait bien! Qu'allait-il encore se passer? En général, une catastrophe n'arrivait jamais seule.

Terry MacCall avait obtenu ce travail de laveur de voitures grâce à son agent de probation qui l'avait aidé et soutenu pendant la durée de son incarcération. Les mois qui s'étaient écoulés l'avaient endurci et il ne songeait qu'à une chose: se venger de son arrestation, se venger d'Alexandra Warren qui l'avait rejeté et se venger de cet agent du FBI qui l'avait fait mettre en prison pour avoir le champ libre et épouser celle qu'il considérait comme sienne. Il avait commencé à réfléchir à la manière dont il allait se venger à la seconde même où on lui avait passé les menottes. La graine s'était implantée dans son cerveau, avait pris racine et s'était développée. Le fruit qu'elle avait produit était désormais mûr. Il ne restait plus qu'à attendre le bon moment pour le cueillir. Le moment de la cueillette était poche, très proche.
Terry nettoyait l'intérieur d'une belle voiture étrangère très coûteuse et très puissante et songeait à toutes celles qu'il aurait pu s'offrir s'il avait pu s'enfuir avec ses fausses plaques de cinquante dollars. Il aurait gagné des milliards en les revendant à des parrains de la drogue ou des trafiquants d'armes. Maintenant, elles avaient été détruites par les agents du gouvernement et lui n'avait plus rien, sauf ses deux mains. Et avec deux mains, on peut en faire des choses! Faire ce qu'il faisait en ce moment par exemple et nettoyer des voitures qui ne lui appartenaient pas toute sa vie ou faire autre chose et changer sa vie. Il avait opté pour la deuxième solution. Il était dehors depuis six jours seulement, mais en six jours, il avait eu le temps de se livrer à des repérages. Il connaissait la maison de banlieue des Leland pour y avoir espionné Alexandra avant de reprendre contact avec elle. Il en avait fait le tour en se faisant passer pour un employé de la compagnie du gaz.
Le gentil voisin, monsieur Weber, lui avait même indiqué des détails sur les habitudes de ses occupants. Il apprit donc que la maison n'était pas occupée en semaine, mais que le week-end le jeune couple venait s'y reposer avec leur bébé. Le gentil voisin n'oublia pas non plus de signaler que monsieur Leland venait également le mercredi soir pour s'occuper des plantes qu'il faisait pousser dans sa serre qu'il avait fait construire derrière la maison. Mais là, avait précisé Weber, il y avait une arrivée de gaz pour le chauffage, en hiver, car pour la maison, il ne savait pas. Fort de tous ces renseignements, MacCall était rentré à son motel et son plan se mit peu à peu en place dans son esprit.


La journée s'était déroulée à un rythme soutenu ce qui n'avait pas empêché Myles d'appeler sa femme toutes les heures pour savoir s'il y avait du nouveau, si MacCall s'était manifesté.
- Ne t'inquiète pas comme ça, lui demanda Jack. Si elle ne quitte pas l'appartement, elle ne risque rien; elle y est en sécurité. Personne ne peut y accéder.
- Je ne sais pas, je ne sais plus, fit Myles. J'ai bien envie de les installer dans la maison.
- Ce sera beaucoup plus difficile à surveiller, constata Bobby. On peut à la rigueur installer un système de caméras comme on avait fait chez Dem et Donna. Tu sais, si j'étais à ta place, je les enverrai à Boston, chez ses parents ou chez les tiens le temps qu'on sache à quoi s'en tenir.
- Nous avons suffisamment été séparés ces derniers temps, reprit Myles. Mon fils me reconnaît à peine. Je vais aller à la maison modifier le code de sécurité et tout vérifier. Si tout est en ordre, ils resteront là-bas à partir du week-end prochain.
- Tu crois que Weber va veiller sur eux? Demanda malicieusement Lucy. Si tu veux, Andrew peut les ramener à Boston dimanche soir.
- J'y penserai, merci. Bien, si vous n'avez plus besoin de moi, je vous laisse. Je vais passer à la maison avant de rentrer à l'appartement.
- Myles, fit Jack en le retenant par le bras, soit prudent.
Il hocha la tête et tourna les talons. Bobby poussa un soupir:
- Pourquoi on se met martel en tête? Ce gars veut peut-être tout simplement vivre tranquillement et il se fiche totalement de ce que peuvent faire les Leland!
- Espérons-le, fit Tara.

Myles arrêta sa voiture dans l'allée. Le quartier était calme. Weber devait être chez lui, car par la fenêtre ouverte, il entendait les questions d'un jeu télévisé de bas niveau intellectuel qui faisait les délices de son cher voisin chaque soir à la même heure. Il entra dans la maison, vérifia tous les coins et recoins, son arme à la main. Tout était en ordre. Il changea le code de l'alarme et sortit. Il fit le tour de la bâtisse, tout semblait en ordre. Il inspecta le garage, rien à signaler. Il se prit à songer à Lévi et se dit qu'un chien de garde serait peut-être à envisager. Il entra dans la serre, au fond du jardin. Il l'avait fait construire à cet endroit, un peu à l'écart, car il y avait beaucoup de lumière, toute la lumière dont il avait besoin pour se livrer à sa passion ses rosiers. Il fit le tour des lieux avec sa lampe torche à la main, tout était en ordre. Il sortit, fit tomber la clé, se baissa pour la ramasser, la porte claqua et une formidable déflagration retentit. Il fut projeté au sol par un souffle brûlant, puis ce fut le trou noir, plus rien. Garée à quelques mètres de là, une voiture de luxe de marque étrangère démarra aussitôt.


Alexandra poussa un cri et lâcha le verre qu'elle tenait. Ses jambes se dérobèrent sous elle et elle dut s'asseoir. Dans un flash, elle avait vu Myles au milieu des flammes qui l'appelait.
- Que se passe-t-il, Alexandra, vous êtes toute pâle? demanda Félicia qui s'était précipitée en entendant le cri.
La jeune femme ne savait que répondre; elle regarda sa gouvernante, abasourdie. Le téléphone du portier sonna.
- C'est monsieur Hudson qui monte, annonça son amie.
Elle alla ouvrir la porte. Jack entra, l'air embarrassé. Alexandra comprit aussitôt qu'il était arrivé un malheur. Elle se précipita dans les bras de son collègue.
- Je t'emmène, je te raconterai en chemin.
Elle jeta un regard suppliant à son employée qui lui fit signe qu'elle resterait garder le bébé aussi longtemps que nécessaire. Elle attrapa un blouson, son sac et partit avec Jack.
- Myles était à la maison de banlieue où il vérifiait la sécurité. C'est la serre qui a explosé, il était juste devant la porte. Il …
Elle ne pleura pas, elle s'enferma dans un mutisme encore plus inquiétant. Ils venaient juste de recommencer la vie commune après cette mission qu'il avait exécutée avec Capono et là, tout bêtement, boum! L'explosion dans la serre où il aimait tellement travailler.
- Est-ce que je peux le voir? Demanda-t-elle hésitante.
- Il ne vaut mieux pas, assura Jack d'une voix douce, le souffle a été violent. Je ne sais pas si ça peut t'être utile, mais il n'a pas souffert.
Devant la maison, les gyrophares des pompiers illuminaient la rue qui était barrée dans les deux sens. Les enquêteurs des brigades scientifiques scrutaient chaque grain de poussière ou de cendres. Alexandra voulut s'approcher malgré les recommandations de son ami. Dem et Bobby étaient là-bas, atterrés. Elle les prit chacun par un bras et serra contre eux. Elle aperçut ce qui avait été le portable de Myles, calciné et plus loin, une chaussure. Un pompier s'approcha:
- Phosphate blanc, expliqua-t-il.
Pas besoin de détails, la jeune femme avait compris, cela ne pardonnait pas. Soudain, son portable sonna. Elle se demandait qui, à part Félicia pouvait bien l'appeler à cette heure. Le numéro qui s'affichait lui était inconnu. Elle regarda ses amis et décrocha:
- Alors, ma chérie, maintenant, c'est vers moi que tu vas revenir, maintenant que ton mari est mort. Tu m'aimes toujours, je le sais.
Un rire sardonique lui agressa les oreilles. Elle jeta son téléphone à terre.
- C'était Terry, fit-elle d'une voix à peine audible.
Aussitôt, Dem appela Tara à la rescousse et lui demanda de rechercher d'où venait l'appel qui avait tant troublé Alexandra. Elle rappela quelques interminables minutes plus tard.
- Il se déplace en direction d'Alexandria, on a envoyé une équipe là-bas, expliqua Dem.
- Bon sang! S'exclama Bobby, personne ne s'est aperçu, en taule, que c'était un psychopathe? Il fait une fixation sur toi. C'est toi qu'il veut toucher, c'est à toi qu'il veut faire du mal!
Le téléphone de Dem sonna de nouveau.
- Fausse piste, il avait balancé son portable dans une benne à ordure qui roulait sur l'autoroute. Attendez! Le dernier obstacle qui reste, c'est … Sandy! Non, il ne s'attaquerait tout de même pas à un bébé!
Alexandra perdait les pédales, maintenant son fils! Elle courut en direction de la voiture de ses amis et ils démarrèrent en trombe en direction de la ville. Dem conduisait et Bobby mettait un plan au point par téléphone. Jack suivait dans une autre voiture et écoutait les explications de Tara dans son oreillette.

A cette heure de la journée, la circulation était dense et malgré les gyrophares, ils avaient des difficultés à se frayer un passage dans les files compactes des véhicules. Maintenant, il faisait complètement nuit et la pluie commençait à tomber. Alexandra espérait que Félicia et Sandy avaient pu se réfugier chez un voisin à défaut de quitter l'immeuble. Elle trouvait le temps long, que Dem ne conduisait pas assez vite. Elle ne disait rien car elle savait qu'il faisait son possible, mais elle se tordait les mains d'impatience. Elle aperçut enfin la silhouette de son immeuble au bout de l'avenue. Deux véhicules du FBI venaient d'arriver. Dem se gara au sous-sol; l'ascenseur qui desservait l'appartement terrasse était tout en haut.
- Il est déjà dans l'appartement, cria-t-elle.
- Tu restes là, ordonna Dem, tu nous attends. Tiens, voilà Sue et Tara, tu ne les quittes pas, promis?
Elle hocha la tête et monta dans la voiture avec ses deux amies. Elle mit un casque, mais le son était très mauvais. Elle demanda à Tara si elle entendait des pleurs de bébé. Elle hocha la tête négativement.
- Ils sont dans ton appartement, commenta-t-elle encore. J'entends des coups de feu. Un homme est touché! C'est … MacCall! C'est fini, tu peux monter voir ton fils, il va bien.
Elle ne se le fit pas dire deux fois. Et l'ascenseur qui n'arrivait pas!

La porte de l'appartement était grande ouverte, sur le dallage de la terrasse une forme gisait recouverte d'une couverture. Jack vint à sa rencontre.
- Où est Sandy? demanda-t-elle.
- Dans sa chambre, il va bien, il t'attend.
Elle se précipita, poussa la porte. Un parfum de lavande qui lui était familier flottait dans l'air. Elle en fut toute troublée, mais elle se persuada que c'était le fruit de son imagination. Elle s'approcha du petit lit. Vide! Mais des"papapapapa" bien connus la firent se retourner. Sandy était derrière elle, souriant, dans les bras de … son père! Sous la violence du choc émotionnel, elle perdit connaissance.
Quand elle revint à elle, elle était allongée dans son lit, un médecin l'examinait; il rangea son brassard à tension et se tourna vers Myles:
- N'ayez aucune inquiétude, elle va bien ainsi que le bébé. Mais ce n'est vraiment pas le genre d'émotions à infliger à une future maman.
Myles le remercia et le reconduisit. Quand il revint, elle essayait de se lever, mais ses jambes se dérobèrent sous elle et il la retint dans ses bras. Elle ouvrit la bouche, mais il la devança:
- Je vais tout t'expliquer, après, tu parleras.
Il la souleva dans ses bras et la reposa doucement sur le futon. Il remonta la couette sur elle et s'assit. Elle se blottit contre lui en pleurant doucement, elle était en train de décompresser. Alors il lui raconta tout ce qu'elle ne savait pas.
Il avait effectivement été victime de l'explosion, mais comme il s'était baissé à la recherche de ses clefs, le souffle et les flammes lui étaient passés au-dessus. Il aurait juste à aller faire un tour chez son coiffeur pour arranger sa chevelure brûlée par endroit. Il avait aussitôt contacté le FBI et ils avaient pris des dispositions pour faire croire à sa mort.
- Je regrette, mon cœur, mais pour être crédible, tu ne devais pas être au courant.
- Mais ça aurait pu durer des jours, voire des semaines, dit-elle en reniflant. Ne me refais plus jamais ça!
- Heureusement, ça s'est très vite terminé! Après le coup de fil de Dem qui nous annonçait que MacCall t'avait contactée, j'ai appelé Félicia en lui expliquant la situation et je lui ai demandé d'aller chez les Robertson, au premier étage. Je me suis ensuite introduit dans l'appartement discrètement et j'ai attendu. J'avais mis une poupée dans le parc, sur la terrasse. Il y avait de quoi s'y méprendre. Je me suis assis derrière le buis et je l'ai entendu arriver. Il s'est approché du" bébé", j'ai vu qu'il était armé. Quand il s'est penché pour le prendre, je me suis manifesté et au moment où il allait tirer, quelqu'un a fait feu et il est tombé. Cette fois, c'en est bien fini de Terry MacCall alias Tom Campbell. Il avait été pris dans une spirale infernale et ne s'en serait jamais sorti, il voulait toujours plus.
Alexandra s'était calmée peu à peu en entendant le récit de cette soirée mouvementée. La piqûre de sédatif commençait à faire son effet.
- Et Sandy?
- Il dort comme un loir, expliqua Myles. Il n'a pas fait de sieste et après, il a joué avec la petite Robertson. Mais toi aussi, je crois bien que tu ne vas pas tarder à rejoindre les bras de Morphée.
- Je préfère les tiens, mon cœur.
Il s'allongea à côté d'elle et la serra fort contre lui:
- Tu sais, j'ai bien réfléchi à la proposition que m'a faite Dem et je vais l'accepter, surtout après ce que nous venons de vivre. Ca me tente vraiment de diriger le bureau de Vienne.
- Je savais bien que tu deviendrais raisonnable, un jour, murmura-t-elle dans un bâillement.
Il se pencha sur elle et l'embrassa passionnément. Il avait très envie d'elle, de lui prouver combien il l'aimait et combien il tenait à elle, mais elle dormait déjà, pelotonnée au creux de son épaule. Il décida alors que les trois jours à venir ne seraient qu'à eux trois et que le bureau pourrait attendre. La vie était trop courte.
Il lui ôta doucement son jean et son chemisier et vint se coucher après être allé embrasser son fils. Il mit du temps avant de trouver le sommeil tant les événements de la journée l'avaient perturbé. Il se dit que Sandy n'avait rien, qu'Alexandra et le futur bébé allaient bien et que lui était là, entouré des personnes qu'il aimait le plus au monde. Au petit matin, un rayon de soleil vint lui caresser le visage et le réveilla. Il tourna la tête. Alexandra ne dormait plus. Elle lui sourit. Il ne lui en fallut pas davantage pour qu'il craque et ils livrèrent le plus charmant des combats, celui qui ne laisse ni vaincu ni vainqueur, mais deux amants épuisés, heureux d'être en vie.

FIN.