jeudi 25 janvier 2007

14° Fanfiction: Péril en la demeure.

Alexandra gara sa voiture devant le siège du FBI. Comme elle n'en faisait plus partie, elle n'avait plus de place de parking. Elle était pressée de retrouver Myles, elle voulait lui faire une surprise; elle ne l'avait pas averti. Elle allait traverser la rue quand elle le vit sortir du bâtiment. Elle s'apprêtait à lui faire signe lorsqu'une jeune femme se jeta à son cou et l'embrassa fougueusement. Ses jambes se dérobèrent sous elle, elle s'appuya à la voiture et regarda encore une fois. Non, elle ne rêvait pas, c'était bien son mari qui embrassait une autre femme! Et sans se cacher encore! Son cœur se serra, sa gorge se noua et des larmes amères coulèrent le long de ses joues. La circulation était très dense et il ne pouvait pas la voir, là où elle était. Alors, elle décida de repartir. Elle remonta dans la voiture, elle se sentait mal. Il l'avait trahie! Elle qui avait une confiance aveugle en lui, il l'avait trahie!
Elle les suivit du regard. Ils marchaient bras dessus, bras dessous et de temps en temps, elle levait le visage vers lui et il l'embrassait. Il avait l'air très amoureux. Elle était anéantie. Elle démarra sans prendre garde aux autres voitures qui la klaxonnèrent et roula jusqu'à quitter la ville. Elle ne voulait pas retourner à l'appartement, pas plus qu'elle ne souhaitait aller à la maison de banlieue. Elle ne fit pas attention aux kilomètres qu'elle faisait. Elle semblait vouloir fuir devant ce qu'elle venait de découvrir. Au bout de d'un moment, elle avisa un restaurant au bord de la route où elle s'arrêta pour prendre un café, elle qui n'en buvait jamais. Elle s'assit dans un coin, à l'écart, et essaya de reprendre ses esprits.
Qu'avait-elle fait pour mériter cela? La naissance de Sandy avait été un grand moment dans leur vie, il était fou de son fils et serait sans aussi fou de ….Non, elle aimait mieux ne pas y penser. Il voudrait peut-être divorcer et demander la garde du petit garçon qu'il ferait élever par cette inconnue! Elle, si optimiste et combative, voyait sa vie détruite. Elle comprenait maintenant pourquoi leurs nuits étaient si calmes depuis quelques temps. Il rentrait de plus en plus tard et ne baignait même plus son fils, le soir. Il se contentait de l'embrasser une fois endormi. Elle décida de lui demander des explications mais auparavant, elle appellerait Lucy, pour savoir s'il n' y avait pas à tout hasard une enquête en cours. Elle essaya, mais sa belle-sœur n'était pas joignable. Elle laissa un message sur son répondeur.

La journée était déjà bien avancée quand elle rentra chez elle, la mine défaite. Félicia ne posa pas de question. Elle savait que si elle voulait lui parler, elle le ferait. Quand Alexandra fut seule, elle serra contre elle son petit garçon et éclata en sanglots. L'enfant, qui ne comprenait pas, se mit à pleurer aussi, alors elle ravala ses larmes et entreprit de jouer avec lui pour le calmer. Son téléphone sonna, soudain. C'était Lucy qui la rappelait et qui lui affirma ne pas avoir connaissance d'affaires particulières en cours. Mais elle ajouta qu'elle n'était pas dans le secret des dieux. Elle resta donc sur son impression première et se fit violence pour passer le reste de sa journée avec son fils, comme elle avait l'habitude de le faire. "Myles, pourquoi?" ne cessait-elle de répéter.






Chapitre II


Quand la clé tourna dans la serrure, il était deux heures du matin. Alexandra ne dormait pas encore. Elle entendit la lumière s'allumer dans la cuisine, le réfrigérateur s'ouvrir et le chuintement d'une canette qu'on ouvrait. Le léger grincement de la porte de la chambre de Sandy lui indiqua que Myles allait embrasser son fils. Elle ne put en supporter davantage, passa son peignoir dans le noir et alla à la rencontre de son mari. Il n'avait pas allumé dans le couloir et elle s'assit dans le salon, à attendre qu'il aille éteindre à la cuisine. Ce qu'il fit sans tarder. Quand il se dirigea vers la chambre, elle tourna le commutateur près d'elle et poussa un cri:
- Myles!
Il était là, devant elle, le visage tuméfié, un pansement au front et un bras en écharpe. Il ne savait pas quoi dire:
- Désolé, je ne voulais pas te réveiller, s'excusa-t-il.
- Je ne dormais pas. Que t'est-il arrivé? As-tu le droit d'en parler?
Il s'assit près d'elle et passa son bras valide autour de ses épaules. Elle eut un moment de dégoût, puis le laissa faire. En bonne avocate qu'elle était, elle voulait d'abord écouter ce qu'il avait à dire avant de juger, même si elle avait eu des preuves visuelles. Il grimaça en s'appuyant sur le dossier du canapé.
- Viens là, lui dit-il en l'invitant à poser sa tête sur son épaule. L'affaire est terminée, maintenant je peux tout te raconter.
Elle se sentit soudain un peu mieux. Le son de sa voix chaude et profonde lui faisait du bien, mais ses doutes n'étaient pas encore dissipés. Elle attendait les explications.
- Voilà plusieurs mois que nous travaillons sur une affaire racket dans le milieu des boîtes de nuit et pour conclure, Dem m'a associé à l'agent Millie Fulton, du bureau de New York. Nous venons de mener notre mission à bien. Nous avons réussi à arrêter la bande.
- Bien, et si tu me racontais comment ça s'est passé, lui demanda-t-elle innocemment.
Il dégagea son bras et lui caressa le visage.
- Tu m'as manqué, lui dit-il.
- Comment je t'ai manqué? Nous nous sommes vus tous les jours! s'indigna-t-elle.
- Oui, mais pas comme nous avons l'habitude de le faire. Nos soirées étaient inexistantes et nos nuits, je n'ose même pas y penser. Je ne trouve pas de mots pour qualifier ce vide.
- Moi, j'en ai deux: Millie Fulton! dit-elle en détachant bien chaque syllabe.
Il la regarda avec tristesse:
- Non, ce n'est pas vrai! s'exclama-t-il. Tu crois qu'il s'est passé quelque chose entre nous!
- Je ne le crois, Myles, dit-elle calmement, j'en suis sûre, je vous ai vus, dans la journée.
Il passa sa main dans ses cheveux comme il avait l'habitude de le faire quand il était embarrassé. Ses yeux s'embuaient de larmes:
- Tu me crois capable de vous faire ça, à Sandy et à toi? Tu as donc si peu confiance en moi?
Elle était bouleversée intérieurement par sa réaction, mais elle ne voulait pas le montrer car elle attendait des explications qui tardaient à venir. Il prit une inspiration difficile et commença:
- Nous étions en infiltration. Nous étions sensés être les nouveaux propriétaires d'une boîte très branchée pour que les racketteurs prennent contact avec nous. Ca nous a pris relativement peu de temps, car là où il y a de l'argent à prendre, ces types sont toujours là. Bien entendu, nous avons eu droit au sermon habituel, payer et ne rien dire. Finalement, aujourd'hui, nous avons fait comme si nous allions parler du problème au FBI. Ils nous ont vus, car nous ne nous sommes pas cachés et ce soir, nous avons conclu: toute la bande est sous les verrous.
Elle se tourna vers lui tout doucement et se traita de sotte.
- Je te demande pardon, fit-elle d'une voix blanche, je ne savais pas …
Elle suivit du doigt le contour de ses lèvres et y déposa un léger baiser. Il baisa le bout de ses doigts:
- Je suis désolé, mon cœur, je ne pouvais rien te dire. Tu sais comment ça marche.
Elle approuva.
- L'arrestation a dû être difficile, dit-elle en désignant ses pansements et son épaule.
- Ils sont venus en renfort et ont neutralisé Millie en l'enfermant dans une armoire métallique. Moi, ils m'ont tabassé et quand Dem et les autres sont arrivés, Kit, le chef, m'a balancé un coup de couteau que j'ai presque pu esquiver. Voilà, je sors de l'hôpital.
Elle ne savait plus quoi dire. Elle, l'ancien agent, savait pourtant bien que ce genre de chose pouvait arriver; Jack et Sue l'avait bien vécu!
- Myles, je …
- Chut! Ne dis plus rien, embrasse-moi, tu m'as tellement manqué!
Elle s'approcha de lui avec précaution afin de ne pas lui faire de mal et l'embrassa avec une infinie douceur. Elle se blottit contre lui.
- Tu voulais me voir, que tu es venue au bureau? demanda-t-il.
- Oui, j'avais quelque chose à te dire.
- Tu peux peut-être le faire maintenant. Je suppose que c'était très important? Vas-y, je t'écoute.
- Nous allons avoir un autre bébé.
Il caressa ses cheveux et lorsqu'elle leva les yeux vers lui pour voir sa réactions, il lui sembla y voir des milliers d'étoiles de bonheur.
- C'est une merveilleuse nouvelle, murmura-t-il en l'embrassant.
Ils restèrent un moment serrés l'un contre l'autre et quand ils allèrent se coucher, elle aida Myles à se déshabiller. Il portait un bandage autour de la poitrine, il avait omis de lui dire qu'il avait aussi des côtes fêlées. Elle fit de son mieux pour lui faciliter la tâche et l'installa aussi confortablement que possible pour qu'il ne souffre pas trop. Elle l'avait enfin retrouvé et toutes ses craintes s'étaient envolées.
FIN.