
PYJAMA PARTY
Chapitre I
Myles tournait autour d’Alexandra qui préparait des amuse-bouche.
- Ca m’a l’air délicieux, dit-il en dérobant au passage un petit sandwich au concombre, mais je préfère ce morceau-là, ajouta-t-il en l’embrassant dans le cou
- Tu me chatouilles, s’exclama-t-elle en riant, arrête !
Il avait glissé la main sous son t-shirt car il savait que, comme à son habitude elle ne portait rien dessous quand elle était à la maison.
- Tu es incorrigible ! Ne t’excite pas, mon cœur, tu sais très bien que tu ne restes pas ce soir. Allez, ouste !
- Tu me mets à la porte ?
Elle se retourna et lui donna un de ses baisers dont elle avait le secret. Elle aimait le goût sucré de ses lèvres, c’était comme une gourmandise. Elle ne savait pas d’où venait cette saveur ; elle le soupçonnait d’utiliser un baume pour les lèvres, car elles étaient toujours douces et pulpeuses. Elle se sentit chavirer comme à chaque fois qu’il la touchait. Elle se ressaisit tant bien que mal :
- Oui, je te mets à la porte … jusqu’à demain, répondit-elle enfin. File, les filles ne vont pas tarder à arriver. N’oublie pas, interdiction de me téléphoner.
- A demain alors, dit-il en faisant semblant de pleurer.
- Un vrai gamin !
- Tu ne m’aimes plus, affirma-t-il, certain de l’effet que ces paroles feraient sur Alexandra.
Elle partit d’un rire cristallin et le poussa en direction de la porte :
- Tu as raison, mais qu’est-ce que je suis amoureuse de toi !
Un dernier baiser et il disparut dans l’ascenseur.
Ce vendredi soir-là, Alexandra avait décidé de faire une soirée pyjama avec Sue, Tara et Lucy, sans oublier Lévi. L’idée était venue tout bêtement après avoir revu Amanda, l’adolescente sourde que Sue avait pris sous son aile et qui leur avait raconté une soirée avec ses amies de lycée. Les filles avaient eu l’idée d’en faire autant et de se passer, pour un soir de la présence des garçons. La journée était délicieusement chaude, l’eau du jacuzzi à bonne température, la nuit était à elles. Elles avaient prévu un dîner raffiné arrosé de vins fins et de champagne, quelques films d’amour, une montagne de chocolat, de marshmallows et de la bonne musique. Elles ne dormiraient sans doute pas mais elles se rattraperaient le week-end. Les garçons quant à eux, devaient se retrouver dans leur bar favori pour jouer aux fléchettes et au billard en buvant quelques bières et en se racontant leurs bonnes histoires qui ne faisaient rire qu’eux, surtout celles de Myles qui ne faisaient rire que lui.
Alexandra vérifia si tout était prêt sur la terrasse : les draps de bains, les boissons fraîches. Satisfaite de son tour d’horizon, elle alla dans sa chambre mettre son maillot de bain avec un paréo blanc brodé de paillettes colorées. Elle tressa ses longs cheveux auburn. Un coup d’œil dans le miroir lui montra le reflet d’une jeune femme élégante. Soudain, le téléphone de l’entrée sonna.
- Merci, Stanton, vous pouvez les faire monter.
Peu après, Sue, Lévi, Lucy et Tara arrivèrent. Sue détacha Lévi qui partit à la découverte de l’appartement.
- C’est superbe ! s’exclama Lucy. C’est encore plus grand que chez nous ! Et cette terrasse !
- Soyez les bienvenues, les filles ! leur souhaita Alexandra. Mettez-vous à l’aise, faites comme chez vous.
- Merci, dit Sue. Je sens qu’on va passer une super soirée.
Lucy et Tara continuaient leur exploration :
- Dis donc, quand tu nous avais dit d’apporter les maillots de bain, je croyais que c’était pour faire de la bronzette sur la terrasse, pas pour se prélasser dans un jacuzzi. C’est génial ! s’écria Lucy, enthousiasmée.
Alexandra leur fit les honneurs de son appartement et elles se retrouvèrent bientôt sur la terrasse à admirer la vue et le soleil qui se couchait au loin sur le Potomac. Le ciel était rosé et une légère brise rafraîchissait l’air. Les filles enfilèrent prestement leurs maillots de bain et elles se retrouvèrent bientôt toutes les quatre dans le jacuzzi bouillonnant à apprécier une coupe de champagne aux fines bulles.
- Quelle belle journée ! Vous vous rendez compte, on est là toutes les quatre à se prélasser dans des bulles et à boire des bulles, s’exclama Lucy en riant.
Elles levèrent leurs verres et trinquèrent. Le soleil déclinait peu à peu et peu à peu, la nuit arriva Elles bavardaient joyeusement de tout et de rien quand Sue dit à Alexandra :
-Tu ne nous as jamais raconté comment tu avais la connaissance de Myles. Il paraît que ça s’est mal passé ?
Alexandra sourit en y repensant :
- Vous voulez vraiment que je vous raconte ? demanda-t-elle. Vous savez ça n’a pas grand intérêt.
- Si raconte, tout ce qui parle d’amour nous intéresse, insista Tara.
- Surtout quand ça concerne Myles, ajouta Lucy.
- Si vous voulez, mais ça va vous ennuyer, objecta-t-elle.
- Mais non, quand Myles est dans le coup, on ne peut s'ennuyer, renchérit Sue. Allez, vas-y!
- Bon, d'accord, c'est parti. C’était un jour à l’heure du déjeuner, commença Alexandra à la façon d’une histoire qu’on raconte aux enfants. Dans le bureau, il n’y avait que Jack et un autre homme que je ne connaissais pas. Je portais un lourd dossier dans une main et de l’autre, je m’appuyais sur une canne. Jack, le preux chevalier est venu à mon secours et a posé le dossier sur ton bureau Tara, je m’en souviens bien. On a même eu du mal à trouver de la place. Il m’a fait asseoir au bureau de Bobby et m’a présentée à l’autre homme qui s’est levé poliment et m’a serré la main en disant : « Myles Leland III° du nom ! ». J’ai trouvé ça amusant. Jack lui a ensuite expliqué que j’étais une vieille amie de Quantico, que nous avions travaillé autrefois ensemble et qu’on m’avait affectée au service juridique pour me reclasser après mon accident. Là, il a eu ces paroles qui m’ont profondément blessée sur le coup, pire qu’un coup de poignard en plein cœur ; il a dit et je le cite au mot près : « Le FBI devient le refuge des handicapés, maintenant ! ». Je me suis levée d’un bond, en prenant appui sur le bureau ; il se servait un café. J’ai avancé tant bien que mal jusqu’à lui car ma canne était restée sur ton bureau, Tara. Je l’ai regardé droit dans les yeux et…
- Tu l’as giflé, coupa Lucy.
- Je t’assure que ce n’était pas l’envie qui m’en manquait, poursuivit Alexandra. Je disais donc que je l’ai regardé droit dans les yeux et là, j’y ai lu tellement de tristesse que je n’ai rien dit. Mais je pensais au plus profond de moi que cet homme-là finirait par changer d’avis et que je ferai ce qu'il faut pour qu'il finisse par m'apprécier.
- On peut dire que tu as réussi, constata Sue. Et comment t’y es-tu prise ? Vous êtes sortis ensemble avant ce fameux soir ?
- Oui, il m a emmené prendre un verre deux ou trois fois et nos avons dîné une fois ensemble.
- Et il ne s’est rien passé entre vous ? demanda Lucy, curieuse.
- Rien de rien, affirma la jeune juriste. Nous partions chacun dans notre voiture et nous rentrions séparément, chacun chez soi. Mais je sentais bien qu’au fil des jours son attitude envers moi changeait.
- Jack m’a dit qu’il l’avait remis à sa place après sa remarque envers toi, précisa Sue. Il lui a dit que comme c’était lui qui avait le plus de compétences dans le domaine juridique, c’était lui qui serait amené à travailler avec toi, donc il fallait qu’il en prenne son parti.
- Il devait être furieux quand Jack lui a dit ça, renchérit Lucy. Et après, tu dis que son attitude envers toi changeait ?
- Oui, il n’avait plus ces gestes convenus de jeune homme de bonne famille, il devenait plus spontané et surtout, sa façon de me regarder était différente. Il avait jugé ma compétence professionnelle et il commençait à remarquer qu’il y avait aussi une femme en moi. Et puis un jour, environ cinq mois après le début de notre collaboration, nous nous sommes rencontrés dans l’ascenseur ; j’avais définitivement rangé ma canne dans le placard et je marchais à peu près normalement. J’ai vu son visage s’éclairer et il m’a félicitée de ma ténacité. Il savait que chaque jour, je subissais des séances de rééducation et elles avaient enfin porté leur fruit. Pour fêter cet événement, comme il disait, nous sommes allés dîner ensemble.
- Chez le marchand de hot-dogs du coin de l’avenue ? hasarda Lucy malicieusement.
- Pas du tout ma belle ! s’écria Alexandra, il m’a demandé ce que je préférais et nous sommes allés dans mon bar à sushis favori.
- Ben dis donc, il devait déjà être amoureux de toi ! s’exclama Lucy. Moi, il ne m’a jamais demandé de choisir le resto quand il m’invitait.
Elles rirent toutes les quatre de bon cœur. Elles sortirent du bain bouillonnant et s’installèrent dans les confortables fauteuils relax ; une montagne de délicieux petits amuse-bouche de toute sorte les attendaient et elles leur firent honneur tout en poursuivant leur conversation.
- Et après ? demanda Tara la bouche pleine. C’est délicieux, ces petites choses !
- Après ? poursuivit Alexandra. Eh bien après, il a été charmant et prévenant. Nous avons travaillé encore une fois ensemble et après plusieurs semaines, il y a eu ce fameux soir.
Elle fit une pause et vida son verre.
- Tu avais bien su qu’il s’était fait tirer dessus ? s’enquit Sue.
- Oui, bien sûr et j’avais même appelé Garrett pour avoir de ses nouvelles. Et comme dans la semaine, j’avais à faire à New York, je n’ai pas pu le voir mais je lui ai téléphoné, il allait bien ; enfin, il semblait aller bien.
- Mais toi, tu étais déjà amoureuse de lui ? questionna Tara.
- C’était encore pire que ça, avoua Alexandra. Je rêvais qu’il me prenne dans ses bras, qu’il m’embrasse, qu’il… bref, j'en rêvais. Passons, quand il m’a averti, ce fameux soir, qu’il voulait me voir, mon cœur s’est mis à battre la chamade et quand il est entré dans mon bureau, j’avais envie de me jeter dans ses bras tellement j’étais impatiente.
- Et c’est ce qui est arrivé, conclut Lucy.
- Pas vraiment, avec la tête qu'il faisait … Parce que c’est lui qui a pris les devants et m’a avoué son amour.
- Il a osé ! s’exclama Lucy.
- Sur les conseils de Sue, ajouta Tara.
- C’est vrai, Sue, je te dois mon bonheur, dit Alexandra.
- Je lui avais seulement conseillé de s’ouvrir, pas d’aller faire une déclaration d’amour, précisa-t-elle en souriant.
- Oui, mais pour lui, le plus urgent à ce moment-là, c’était de t’avouer ses sentiments, expliqua Lucy. Comme c’est romantique ! Myles romantique, j’ai du mal à l’imaginer ; il cache bien son jeu. Et après, raconte ! Comment s’est terminée la soirée ?
Alexandra rougit légèrement et continua son récit :
- Nous sommes venus ici pour dîner …
- … et vous êtes passés directement au dessert, compléta Lucy.
- Comment le sais-tu ? demanda Sue.
- Je connais, Myles, expliqua-t-elle. Et alors, c’était comment?
Alexandra rougit à nouveau ; décidément, Lucy voulait tout savoir.
- Comme tu l’as dit toi-même, il cache bien son jeu. Ca a été ma première nuit magique.
- Wahoo ! s’exclamèrent Sue et Tara ensemble.
- Tu dois drôlement l’inspirer ! constata Lucy.
- C’est réciproque, fit Alexandra.
- J’essaie de me souvenir, mais je ne me rappelle pas qu’il m’ait fait monter au septième ciel, reprit Lucy en fronçant les sourcils.
- Lucy ! s’indigna Sue, tu ne dois pas dire des choses comme ça !
- Je ne fais que dire la vérité, répartit l’incriminée, avec Myles, j’ai bien ri, mais il n’y a jamais eu une grande passion entre nous, je m’en rends compte maintenant en vous voyant tous les deux. Mais qu’est-ce que tu lui trouves ?
Alexandra fit passer le plateau de sandwiches, remplit les verres et se rassit. Elle but une gorgée de champagne :
- Et d’abord, pourquoi Myles et moi ? Moi, je ne sais rien de Sue et Jack ou de Tara et Bobby. A qui le tour ?
Les deux amies se regardèrent, surprises. Lucy qui était célibataire pour le moment parti d’un rire tonitruant et proposa :
- Si on tirait à la courte paille ?
Et elle joignit le geste à la parole en cassant des allumettes. Ce fut Tara qui tira la plus petite. - Allez, ma belle, l’encouragea Lucy, dis-nous tout ! Qu’est-ce que tu aimes chez Bobby ?
- Ce que j’aime chez Bobby, reprit-elle en faisant semblant de réfléchir, ce que j’aime chez Bobby, ben … son physique, il est tellement grand qu’on ne peut pas ne pas le remarquer. Il y a aussi son sourire charmeur, moi, il me fait craquer à chaque fois qu’il me sourit et ses yeux, vous avez vu ses yeux ! A chaque fois j’ai l’impression de me noyer dedans, tellement ils sont bleus !
- C’est vrai, approuva Alexandra, c’est un charmeur ; il sait prendre les gens du bon côté.
- Moi aussi, j’adore son sourire, ajouta Lucy.
- Doucement, les filles ne vous emballez pas, s’écria Tara en riant
- Qu’est-ce que tu n’aimes pas chez lui ? Il y a bien quelque chose que tu n’aimes pas, non ? insista Lucy .
- Raconte-nous plutôt comment c’est arrivé entre vous, demanda Sue, curieuse.
- Chaque chose en son temps, les filles, reprit Tara. Ce que je n’aime pas chez Bobby, ce sont ses cravates fantaisie avec des notes de musique et des couleurs criardes et son nœud de cravate; il fait un nœud simple, ça fait riquiqui. Je ne parle pas de son désordre ; il dit qu’il s’y retrouve mais il a toujours perdu quelque chose. Mais ce qui m’exaspère par-dessus tout, c’est….
- Quoi ? firent ses trois amies en même temps.
- Sa manie de manger n’importe quoi et n’importe quand. J’essaie de lui faire prendre des repas équilibrés quand nous sommes tous les deux, mais dès qu’il est seul, il avale n’importe quelle cochonnerie pourvu que ça s’appelle hamburger ou hot-dog, sans parler des pizzas et on ajoute à cela un soda ou de la bière, je ne vous raconte pas …. , vous connaissez son taux de cholestérol !
- Jack, de ce côté-là, est très raisonnable. Depuis sa crise cardiaque, il fait très attention à ce qu’il mange et comme j’ai toujours été habitué à manger sainement, il profite de mes bonnes habitudes.
- Myles aussi y est très attentif, cependant, il est capable de craquer pour une pâtisserie. Quand j’ai le temps, j’aime bien lui préparer de la cuisine typiquement française, il adore. Le tout arrosé d’un bon cru et le tour est joué. Il est épicurien mais il sait être raisonnable.
- Je comprends, le poulet à la crème que tu nous a cuisiné la dernière fois était un délice ! s’écria Sue. Lévi rêve encore des délicieux os que tu lui as offerts, n’est-ce pas Lévi ?
Lévi poussa un grognement de satisfaction comme s’il se souvenait de ce moment.
- Finalement, nos hommes, on les tient par l’estomac ! remarqua Alexandra, ils ne sont pas si compliqués !
Un éclat de rire envahit la terrasse. Le champagne aidant, elles étaient très joyeuses.
- Qu’est-ce que tu n’aimes pas chez Jack ? demanda Alexandra soudain sérieuse à Sue.
- C’est difficile parce que j’aime tout chez lui ; non, pas tout cependant…
- Ah…………..
- Pas tout. Il m’agace avec sa coiffure Il met une quantité de gel qui fait qu’on ne sent plus la texture de ses cheveux. Quand je lui passe la main dedans, j’ai l’impression de caresser un hérisson. Pourtant, il a de si beaux cheveux !
- J’aime bien sa coiffure, remarqua Tara. Bobby, lui, il passe des bombes de laque pour tenir sa frange. Chez Myles, c’est naturel, non ? Il ne met rien ?
- Effectivement, il ne met rien, mais il passe un bon moment dans la salle de bains, tous les matins, à faire son brushing ! A chaque fois, je dois me fâchée pour avoir la place quand on est chez lui, ce qui fait qu’il vient presque toujours ici. Il squatte la salle de bains de la chambre d’ami.
- Il se fait un brushing ? Ca alors ! s’exclama Sue.
- Et il est très doué pour ça, ajouta Lucy. Mais dis-nous, il y a bien quelque chose qui t’agace chez Myles, enfin, tu ne peux pas ne pas avoir quelque chose qui t’agace.
- Tu veux vraiment le savoir ? Outre ses grandes envolées lyriques ? Eh bien, ce sont … ses bretelles !
- Ses bretelles ? s’étonna Tara.
- Oui, ses bretelles, quand je les vois, je n’ai qu’une envie, c’est de les couper.
- Et il le sait, s’enquit Lucy.
- Non, je ne le lui ai pas encore dit.
- Et c’est tout ?
- Oui, c’est tout, sinon, il est parfait !!!!!!!!
Des protestations fusèrent qui se terminèrent en un fou rire.
- Parce que tu le trouves parfait avec ses caleçons de soie et ses costumes d’alpaga ou que sais-je encore ? poursuivit Lucy hilare.
- Il porte des caleçons de soie ? J’aimerai bien voir ça, dit Tara songeuse
Nouvelle crise de fou rire.
- Pas même en rêve, ma chérie, dit Alexandra en se tenant les côtes tellement elle riait. Myles est très sexy en caleçon. Et les vôtres, c’est caleçon aussi ?
- Jack, c’est shorty, avoua Sue ; il est très sexy aussi.
- Ca, je n’en doute pas, renchérit Lucy. Et Bobby ?
- Comme tout bon Australien, c’est l’australien.
- Non !!C’est affreux, je trouve, s’exclama Alexandra.
- Peut-être, mais il le porte bien, il a le physique pour.
Elles se turent un instant en essayant d’imaginer leurs compagnons dans les tenues évoquées.
- Dites, vous croyez qu’ils sont en train de dire la même chose de nous ? demanda soudain Lucy, très sérieuse.
- Tu veux dire qu’ils parlent de nos sous-vêtements ? demanda Sue, un peu inquiète.
- Jack ne t’a jamais offert de lingerie ? demanda Tara. Bobby m’en a offert plusieurs fois mais ce n’était pas mettable, pour moi, du moins. Toi, Alexandra, tu aurais été magnifique avec ce string. Myles t’a déjà fait ce genre de cadeau ?
- Tu rêves, rien que de me voir ouvrir mon tiroir à sous-vêtements, il rougit et détourne les yeux. Il ne peut prononcer le mot soutien-gorge sans bégayer, alors tu l’imagines entrer dans une boutique et acheter un string !
Nouvel éclat de rire, les filles imaginait le pauvre Myles aux prises avec des sous-vêtements féminins.
- Et toi, Sue ?
- J’aime les choses raffinées mais confortables. Jack connaît mes goûts et il lui arrive de m’offrir un caraco en soie ou un ensemble coordonné en dentelles.
- Wahoo ! Quel homme ! s’écria Lucy.
- Bon, tu n’as toujours pas répondu à ma question, Tara, insista Sue, comment c’est arrivé entre vous ?
Alexandra les interrompit et leur proposa de passer à table. Elles s’installèrent et tout en dégustant leur repas, elles poursuivirent leur conversation.
- Bobby et moi, ça a été latent pendant un bon moment et puis, Darcy est arrivée dans sa vie et elle est repartie ; moi de mon côté, j’ai eu Stanley, en pointillés.
- Et après, la pressa Alexandra, quand vous êtes-vous embrassés la première fois ?
- Ben, ça nous était déjà arrivé avant, le soir de son anniversaire quand il m’avait raccompagnée. Ca s’était arrêté là. Et puis, on s’est rapprochés lors de l’affaire de trafic d’organes.
- Rapprochés comment ? poursuivit Alexandra, intéressée et surtout soulagée de ne plus être sur le devant de la scène avec le pauvre Myles dont les oreilles devaient siffler.
Tara les regarda, l’air malicieux. Maintenant, elle était sur la sellette, alors elle se devait de jouer le jeu.
- Nous avons passé beaucoup de temps ensemble sur cette enquête et certains soirs, nous avons travaillé tard. Et un soir…..
- Quoi un soir ? s’impatienta Sue.
- Un soir, nous avons emporté le dossier chez moi….
- Et ? interrogea Lucy, haletante.
- Nous l’avons rapporté le lendemain au bureau … sans l’avoir ouvert.
- Tu veux dire que ? … interrogea Alexandra.
- Tu as très bien compris ce que je veux dire, poursuivit Tara, les yeux brillants en évoquant ce souvenir.
- Je crois me souvenir que c’est depuis ce moment-là que j’ai remarqué des petites choses entre vous, ajouta Lucy, comme des clins d’œil, des compliments, une main posée sur l’épaule.
- Quelle observatrice tu fais ! admira Sue. Tu as remarqué tout ça ?
- Et tu n’as rien dit ? lui reprocha Alexandra. Ce n’est pas sympa de ne pas partager avec les copines. Et alors, Tara, c’était comment ?
- Alexandra ! s’exclama Sue, indignée.
- Désolée, mais j’ai eu droit à un interrogatoire en règle, alors chacune son tour, se justifia-t-elle.
Les filles durent reconnaître qu’elles avaient bien cherché ce genre de question et tout comme Alexandra s’était pliée à leur jeu, elles devaient elles aussi répondre. Tara poursuivit, un peu gênée :
- Maintenant que j’y repense, je peux dire que j’ai eu l’impression de surfer sur les vagues ; c’était nouveau et ... merveilleux. Il faut le vivre pour comprendre, je ne sais pas comment vous le décrire. C’est tantôt tout en force, tantôt tout en douceur, un rock et un slow, un cri et un murmure, du salé et du sucré, enfin, je ne sais pas quoi vous dire de plus, c’était …
- Wahoo ! s’écria Lucy. Une de plus qui a de la chance ! et ça fait combien de temps que tu vis ça ?
- Ca va faire trois mois dans quelques jours, dit Tara fièrement. J’ai du mal à y croire mais c’est vrai, Bobby et moi, nous entendons vraiment bien et pour nous, notre relation est unique. Il est franc et direct, avec lui tout se passe sans détour. C’est pour cela que je l’aime.
- C’est vrai qu’avec Myles les choses sont un peu plus compliquées parce que lorsqu’il a quelque chose à dire, il le dit, bien sûr, mais en choisissant ses mots, en utilisant des métaphores, des comparaisons, bref des figures de style qui font qu’il met vingt minutes pour exprimer une pensée qui aurait nécessité, allez, soyons généreuses, vingt secondes. Vous le connaissez, il ne peut s’empêcher de manipuler les mots.
- Ca oui, on s’en rend compte tous les jours, assura Lucy. Mais je trouve qu’il a fait des progrès, il se surveille davantage. Tu lui as fait la leçon ?
- Non, il a compris tout seul. Mais Bobby, il est craquant, il faut bien le reconnaître. Je crois que si je n’étais pas avec Myles, je tenterais ma chance avec lui, ajouta Alexandra avec un sourire malicieux à l’intention de Tara.
- N’y pense même pas, répondit celle-ci en riant. Et si on parlait maintenant de vous deux, Sue ?
Sue repoussa son assiette, posa sa serviette et les regarda avec étonnement :
- Jack et moi ? Depuis que je suis entrée au FBI, nous avons toujours été complices. Contrairement à Myles, il m’a accueillie à bras ouverts tout comme Bobby et Dem. Je lui en serai toujours reconnaissante.
- Ca, on sait. Ce n’est pas ce qui nous intéresse, fit Alexandra. N’oublie pas que je suis une pièce rapportée et que je ne sais pas tout.
- Tu as raison, mais quand tu es arrivée rien ne s’était encore passé entre nous. Tout a vraiment commencé au moment de l’enquête chez Callaghan et Merced.
- Quand vous vous êtes embrassés soit disant pour brouiller les pistes, précisa Tara. Mon œil !
Eclat de rire général autour de la table. Sue riait aussi à ce souvenir.
- Il faut bien reconnaître qu’après ce jour-là notre relation n’a plus jamais été la même. Ce baiser-là avait été inattendu, inespéré même et comme Jack est un grand timide sous des apparences d’homme sûr de lui, il s’est embrouillé dans des excuses invraisemblables. Nous sommes restés quelque temps dans l’expectative et puis un soir….
- Allez, la coupa Tara, raconte vite !
- Tu es bien impatiente, dit Sue en riant, je disais donc, un soir, tu dois t’en souvenir Lucy, je ne suis pas rentrée ou plutôt, je ne suis rentrée qu’au petit matin, juste à l’heure pour me préparer pour aller travailler.
- Tu parles, si je m’en souviens ! Toute la nuit je me suis fait un sang d’encre parce que tu n’étais pas rentrée et qu’est-ce que je vois le lendemain matin ? Une Sue radieuse qui visiblement avait dû passer une excellente nuit.
Ce fut au tour de Sue de rougir :
- C’est vrai, j’avais passé la nuit avec Jack, avoua-t-elle.
- Tout de même ! s’exclama Tara. Et alors, c’était comment ?
- Tara ! s’indigna Lucy.
- Ben quoi ? répliqua celle-ci, on a le droit de savoir, elle sait tout sur nous !
Sue caressa Lévi qui s’était approché et poursuivit :
- Nous nous sommes embrassés et je sentais bien qu’il aurait voulu aller plus loin, mais il n’osait pas. Et petit à petit, au fil de la soirée, il a pris confiance en lui et il s’est enhardi. Je n’ai pas encore compris comment nous nous sommes retrouvés dans son lit mais je me souviens de chaque instant suivant comme si je le vivais encore ; il ne me parlait pas mais ses lèvres et ses mains parlaient pour lui et j’ai su ce soir-là qu’il m’aimait.
- Et de trois ! annonça Lucy. Désolée les filles, moi, je n’ai rien à vous raconter pour l’instant.
- Ca viendra, ma belle, la rassura Alexandra, et nous referons une autre soirée pyjama pour l’occasion.
- Parce que vous croyez peut-être que je vais vous raconter mes petits secrets, leur dit Lucy en riant.
- Tu auras intérêt à le faire, la reprit Tara, nous venons de te dévoiler les nôtres alors tu n’as aucune raison d’y échapper.
- Qui vivra verra ! conclut Lucy. Et si on se regardait un film ? Montre-nous ce que tu as. « Love story », pas mal, « Une étoile est née » avec Judy Garland et James Mason, connais pas, « Autant en emporte le vent », ça c’est une histoire d’amour ! Qu’en pensez-vous les filles ?
- Ca me va, dit Sue.
- Moi aussi, renchérit Tara.
- Je vais chercher le pop-corn, ajouta Alexandra.
Elles enfilèrent chacune un confortable peignoir en éponge car la soirée commençait à fraîchir et se lovèrent sur les canapés profonds pour regarder ce film mémorable.
Chapitre II
Mais que faisaient les garçons pendant ce temps ? Après avoir quitté l’appartement de sa compagne, Myles rentra chez lui pour mettre une tenue plus appropriée à une soirée entre amis et il rejoignit Jack et Bobby dans leur bar favori.
- Tu es en retard, lui fit remarquer Bobby.
- Désolé, s’excusa-t-il, j’ai du mal à quitter Alexandra. La soirée chez elle s’annonce bien. Si nous, nous devrons nous contenter de bière et de sandwiches, je ne vous dis pas ce qu’il y a là-bas. Elles vont jeûner tout le reste de la semaine parce qu’elles auront pris du poids.
- Tu es mauvaise langue, intervint Jack, ce n’est sûrement pas Alexandra qui va grossir, quant à Sue, je n’ose même pas y penser.
Bobby restait songeur et finit par dire :
- Tara, si elle ne se surveille pas …..
Ces deux amis le regardèrent étonnés.
- Ben oui, ne faites pas cette tête-là, Tara surveille tout ce qu’elle mange maintenant et tout ce que moi je mange par la même occasion, alors quand elle cuisine, c’est toujours très diététique, surtout depuis qu’elle connaît mon taux de cholestérol !
Myles éclata de rire à ce souvenir. Suite à l’inversion de leurs prélèvements de sang, Arlen s’était fait une joie de mettre Myles au régime et avait félicité Bobby de son bon résultat, mais quelques jours après, un nouvel examen sanguin mettait en évidence son erreur et c’est le pauvre Bobby qui avait dû abandonner ses pizzas froides de préférence, ses hamburgers et autres hot-dogs et beignets bien gras.
- Chez Sue, c’est une habitude alors pour moi tout va bien, ajouta Jack. Je suppose que pour toi, c’est pareil, Myles. Une femme qui pratique la danse doit se surveiller, donc je suppose que tu en profites.
- N’oubliez pas qu’elle est une ancienne obèse ! précisa Myles.
- Quoi ? Alexandra obèse ? s’exclama Bobby. J’ai du mal à l’imaginer, on dirait une liane !
- Eh ! doucement, ne t’emballe pas ! le modéra son ami, un tantinet jaloux. Elle a fait preuve d’une grande volonté et elle est devenue ce qu’elle est maintenant.
- Pour ce qui est de faire preuve de volonté, je l’ai vue à l’œuvre après son accident, renchérit Jack. C’est pour cette raison que je t’ai volé dans les plumes après t’avoir entendu lui faire cette remarque le jour où tu as fait sa connaissance. Je te jure que je m’en suis mordu les doigts, de te l’avoir présentée.
- Je n’oublierai jamais ce jour pour de nombreuses raisons, fit Myles, les yeux dans le vague comme s’il cherchait à revivre ces moments. Tu sais qu’elle ne m’a jamais parlé de cet accident ; elle effectuait une mission avec vous deux, je crois ?
- Oui, c’est vrai, affirma Bobby. C’était au cours d’un raid. On enquêtait sur un trafic d’armes et on avait localisé une planque dans la montagne. Alors qu’on s’approchait de la maison, une explosion l’a détruite. Alexandra, qui se trouvait à l’opposé de nous deux, a été projetée par le souffle dans le ravin.
Myles était silencieux mais son regard en disait long, il imaginait la scène et voyait le corps de son amie au fond de ce trou.
- Les secours sont arrivés très vite et elle a été transportée par hélicoptère au centre hospitalier le plus proche, poursuivit Jack. On a attendu un bon moment avant de savoir quelque chose. Le diagnostic était le suivant : elle avait perdu l’usage de ses jambes. Ne te vexe pas, Myles, mais nous, nous trouvions ça dommage car elle avait de très belles jambes.
- Dieu merci, elle les a toujours, ajouta Myles.
- Le reste des blessures était vraiment insignifiant face à cette nouvelle, continua Bobby. Elle a très vite été transférée dans un centre spécialisé où tout le monde s’acharnait à essayer de lui apprendre à se servir correctement d’un fauteuil roulant et à faire des exercices pour ne pas perdre trop de muscles. Il faut dire qu’au bout de six mois, ses jambes étaient devenues des bâtons. Alors elle en a eu assez et contre l’avis de tout le monde, elle a pris ses affaires et est rentrée chez ses parents, à Boston. Avec l’aide d’un médecin ami de la famille, elle s’est acharnée. Lorsque nous sommes retournée la voir quelques mois plus tard, elle marchait avec des béquilles. Un vrai miracle !
- Il y avait donc eu erreur de diagnostic ? demanda Myles.
- Exactement, elle passait des heures chaque jour, à faire des exercices, qu’elle répétait inlassablement. Je l’ai même vue tomber, pleurer de rage et de douleur et recommencer jusqu’à y arriver, raconta Jack, alors tu comprends que ce que tu lui a dit la première fois où tu l’as rencontrée, je n’ai pas pu le supporter.
Myles baissa les yeux, décidément cette histoire allait le poursuivre toute sa vie.
- Je sais, Jack, mes paroles ont dépassé mes pensées ; je l’ai regretté aussitôt, mais mon orgueil mal placé m’a empêché de reconnaître mes torts ; je pense m’être bien racheté depuis et je me rachète encore tous les jours.
- Et peu de temps après, poursuivit Bobby, elle est revenue travailler avec nous et tu sais comment les choses ont évolué. C’est la discipline acquise à la danse qui l’a sauvée.
- Je n’oublierai jamais le jour où je l’ai vue sortir de l’ascenseur, son sac dans une main, son téléphone dans l’autre, pas de canne. Elle était heureuse, elle avait gagné. Je voulais lui montrer ma joie et je l’ai invité à dîner.
- C’était très délicat de ta part, affirma Jack ; tu l’as emmené chez le marchand de hot-dogs du coin de la rue ?
Myles lança un regard foudroyant à son ami.
- Désolé de vous décevoir tous les deux, mais c’est ce soir-là que j’ai découvert son bar à sushis favori et nous nous y rendons très souvent depuis.
- Elle a toujours aimé les japonaiseries, reprit Bobby. Déjà à Quantico, elle essayait de nous entraîner dans ce genre d’endroit. Ce qui est pratique, c’est que lorsqu ‘elle est avec nous, on n’a pas besoin d’attendre le serveur pour traduire la carte. Finalement, vous faites une drôle de paire tous les deux, tu parles chinois, elle japonais, le monde est à vous !
Ils se mirent à rire de bon cœur en buvant leurs bières, mais Myles avait un pincement au cœur en songeant à ce qu’avait vécu la femme de sa vie et dont elle ne lui avait jamais parlé.
- Finalement, je m’aperçois que vous en savez plus sur Alexandra que moi, constata-t-il.
- Tu vis le meilleur avec elle et, crois-moi, c’est ce qui compte, répondit Jack ; si elle ne t’a jamais parlé de son accident, comme elle dit, c’est parce qu’elle a tourné la page, que tu es arrivé au bon moment dans sa vie et qu’elle est toute entière tournée vers l’avenir avec toi.
- Jack a raison, tu sais, enchaîna Bobby, je commençais à désespérer de te trouver quelqu’un et voilà que tu tombes amoureux d’une de nos meilleures copines. Au début, je n’y croyais pas, on t’a vu avec tellement de filles qu’on ne savait plus s’il fallait prendre les choses au sérieux. Je peux te dire une chose, mon petit pote, c’est que si tu avais fait souffrir Alexandra, crois-moi que je t’aurai mis mon poing dans la figure plutôt deux fois qu’une et avec plaisir.
- Tu l’as échappé belle, conclut Jack.
Myles fit mine de pousser un soupir de soulagement et proposa de faire une partie de fléchettes.
- Et toi, Jack, comment ça va avec Sue ? demanda Bobby. Quand je pense que vous ne vouliez pas qu’on sache que vous vous étiez embrassés !
- On voulait rester discrets, c’est tout, prétexta Jack. Il est inutile que tout le monde soit au courant, surtout que le règlement l’interdit.
- Ne me dis pas que le règlement va te déranger pour ça, rétorqua Myles. Raconte comment se passe la cohabitation.
Jack se racla la gorge, but une lampée de bière, prit une fléchette, ajusta son tir et mit en plein dans le mille.
- Nous avons réussi à nous entendre sur le partage des tâches, expliqua Jack, moi, ça ne me dérange pas parce qu’à la maison, on savait tous ce qu’on devait faire. Chez nous, c’est pareil, Sue et moi nous complétons à merveille. Et Alexandra et toi ?
- Tu sais très bien que nous n’habitons pas ensemble, le problème ne se pose donc pas, répliqua Myles. Demandons plutôt à Bobby comment il se débrouille avec Tara.
- C’est difficile, car elle est très méticuleuse et moi, j’ai ma façon de ranger, dit-il, alors elle se met parfois en colère. Mais je lui fais un de mes fameux sourire et elle craque. Alors pour lui faire plaisir, je range mes affaires, elle est contente et le lendemain, c’est à nouveau la pagaille. Et ça recommence. Howie a raison, il faut que je me trouve un système de rangement qui me convient, ce sera mieux pour tout le monde. Mais, il y a un truc que je ne comprends pas, Myles. Vous n’habitez pas ensemble, soit, mais quand vous dînez chez l’un ou chez l’autre … oh ! vous ne dînez pas … vous ne faites que………..
Myles haussa les épaules :
- Bien sûr que nous dînons, bien sûr que nous desservons la table et que nous rangeons la vaisselle sale mais nous faisons ça naturellement et à deux ça va plus vite. De toute façon, Alexandra a sa gouvernante qui vient chaque jour et moi, j’ai ma femme de ménage, deux fois par semaine.
- Ces gens de la haute ! s’exclama Bobby. Vous vous êtes bien trouvés tous les deux !
- On peut dire la même chose de vos couples respectifs, ajouta Myles. Allez Jack, dis-nous ce qui t’a attiré chez Sue.
- C’est une excellente question à laquelle je ne saurai répondre avec précision car tout m’a attiré en elle. D’abord, son sourire, dit-il en réfléchissant, puis sa spontanéité, ses yeux, son physique … que sais-je encore ? Et on s’entend bien depuis le premier jour. C’est important non ? Et toi Bobby ?
- Tara a un petit air espiègle qui m’a tout de suite plu, elle est ravissante ce qui ne gâche rien et elle est très intelligente. Elle m’épate souvent.
- Ben voilà qui est concis, remarqua Myles en lançant sa fléchette dans le cadre de la cible. M…….
- Et toi qui a la plus jolie fille du service juridique, interrogea Jack, qu’est-ce qui t’a plu chez elle?
Myles fit mine de réfléchir un instant et ouvrit la bouche pour parler mais il fut interrompu par Bobby :
- Je parie que tu as fait comme nous tous, tu as craqué pour ses yeux.
- Oui, ça n’a rien d’original, mais quand j’ai travaillé avec elle, après, j’ai découvert qui elle était vraiment et j’ai aimé ce que j’ai trouvé chez elle. Et plus tard ….
- Tu allais dire « plus tard », tu veux parler du moment où vous avez commencé à être … intime ? se hasarda Bobby. Allez, raconte !
- Eh bien, quand Alexandra est à la maison, elle porte un vieux jean informe et un pull géant et surtout, elle défait ses cheveux qui lui retombent jusque dans le bas du dos ; ils sont magnifiques.
- C’est vrai, une rousse aux yeux verts ! s’exclama Jack.
- Elle n’est pas rousse ! s’indigna Myles. Elle est auburn, c’est différent.
- Mais c’est très joli quand même, ajouta Bobby. C’est drôle, à la maison, Tara met aussi des vêtements plus confortables, des trucs déformés qu’elle garde au fond des placards et refuse de jeter.
- Sue porte souvent un horrible gilet qu’elle serre avec une ceinture mais elle dit qu’elle se sent bien dedans et que ça la détend. Moi aussi, j’aime bien porter un jogging, ça me change des tenues de travail avec la cravate qui me serre le cou.
- Dès que je rentre, fit Bobby, je troque chemise et cravate contre un polo et un jean, ce n’est qu’à ce moment-là que je déconnecte. Toi, Myles, en revanche, je ne t’imagine pas autrement qu’en costume trois pièces à tel point que ce soir tu m’épates.
Il y avait de quoi ! Myles portait un jean noir avec une chemise assortie à ses yeux ouverte sur un T-shirt noir. Bobby avait mis sa tenue favorite et Jack, une chemise hawaïenne. Nos trois agents spéciaux se relâchaient!
- Je porte très souvent des tenues décontractées, mais pas négligées, j’ai horreur du laisser aller.
- On s’en serait douté ! s’exclama Jack. Plus j’y pense, plus je me dis qu’Alexandra et toi êtes faits l’un pour l’autre. Vous avez la même vision esthétique des choses. Je parierai même qu’elle se lève avant toi le matin pour se pomponner et paraître à son avantage. Moi, j’adore Sue, au réveil, quand elle est encore à chercher ses repères avec les cheveux ébouriffés. Elle est à croquer et je ne m’en prive pas quand nous avons le temps !
- Ben dis dons, tu commences de bonne heure ! s’écria Bobby en riant. Tara, le matin, a toujours la tête sous l’oreiller pour ne pas entendre le réveil. Souvent, je suis obligé de la secouer pour qu’elle réagisse et c’est toujours l’odeur du café que je lui apporte qui la réveille complètement et après, c’est selon si on est en semaine ou le week-end.
Myles restait silencieux, il était embarrassé de toutes ses confidences. Il n’allait plus jamais regarder ses collègues comme avant. Bobby le rappela à la réalité :
- Alors et Alexandra ? Elle se pomponne ou pas avant que tu te lèves ?
- Au quotidien, elle est quelqu’un de naturel, expliqua Myles. Vous la connaissez comme la jeune avocate dynamique toujours tirée à quatre épingles, coiffée, maquillée, élégante. Moi, je connais le revers de la médaille et c’est tout aussi charmant.
- Alors raconte ! s’impatienta Jack. A Quantico, on l’a pourtant vue dans des tenues de combat peu seyantes et souvent boueuses mais pas davantage !
- J’ose l’espérer, reprit Myles, un peu agacé de ces familiarités passées entre ses amis et sa fiancée. D’abord, le matin, je me lève avant elle et je la recouvre …
- C’est mieux vu le temps que tu passes dans la salle de bains, coupa Jack
- Je vois, poursuivit Myles, les médisances vont bon train. Je disais donc que je me lève avant elle et je prépare le petit déjeuner …
- Je ne te vois pas avec un tablier par-dessus ton pyjama, l’interrompit Bobby.
Myles le foudroya du regard.
- D’accord, tu n’en portes pas…. renchérit Jack
Nouveau regard foudroyant du pauvre Myles qui commençait à bouillir.
- Je veux dire de tablier, se rattrapa Jack.
- Si vous ne me laissez pas parler ….menaça-t-il. Elle dort sur le ventre, ses cheveux lui recouvrent les épaules. Pour la réveiller, j’écarte la mèche qui recouvre sa joue et je lui donne un gros baiser qui la tire de sa léthargie. C’est pareil toutes les fois que nous dormons ensemble et ensuite, elle se retourne, elle ouvre les yeux, elle me sourit et elle vient se blottir contre moi, le temps de se réveiller complètement.
- Moi, rien qu’à te voir, je serai vite réveillé ! plaisanta Bobby.
- Très drôle ! continua Myles. C’est un rituel auquel nous sacrifions volontiers.
Ils se turent un instant ; Bobby en profita pour placer ses fléchettes en plein dans le mille, Myles envoya les siennes dans la cible, mais pas suffisamment bien pour battre son ami. Jack termina la partie et remporta le jeu. Ils allèrent s’asseoir à une table isolée où ils furent rejoints par Dem :
- Salut ! Alors, vous vous en sortez sans les filles ? demanda-t-il malicieusement.
- Et toi, ce match de football ? interrogea Jack.
- Les garçons ont gagné chacun leur match, répondit fièrement Dem. Après, les entraîneurs ont organisé une petite fête. Inutile de te dire que les champions n’ont pas demandé leur reste quand on les as mis au lit ; Donna aussi est sur les genoux, elle les a soutenu jusqu’au bout ; quand je suis parti, elle dormait à poings fermés. De quoi parliez- vous avant que j’arrive ?
- De Myles en train de préparer le petit déjeuner de sa dulcinée, annonça Bobby en lançant un clin d’œil complice à Jack.
- Quelle veinarde ! Je te vois….
- Stop ! l’interrompit Myles, j’ai déjà donné !
Dem ne put s’empêcher de rire :
- Désolé, j’arrive après la bataille !
Il redevint sérieux et enchaîna à l’adresse de son ami :
- Je ne te l’ai jamais dit, mais ça a été une drôle de surprise de te voir avec elle le soir de la prise d’otage. J’ai cru que c’était encore le contrecoup du choc que tu avais subi qui te rendait si prévenant. Mais quand je vous ai vus tous les deux dans la boue, sous la pluie et après à l’hôpital, là, je n’ai plus eu aucun doute ….
- Et d’ailleurs, qu’est-ce que vous avez fait une fois que je vous ai eu ramenés chez toi ? demanda Jack. Tu ne nous l’as jamais dit.
- Ca recommence ! soupira Myles. Il était bien évident que je ne pouvais pas la laisser seule après ce qu’elle venait de vivre, même si elle a été formée à ce genre de situation. Eh bien, figure-toi que comme nous étions trempés et couverts de boue, nous avons pris une douche.
Bobby ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais Myles le devança :
- Nous avons pris une douche sé-pa-ré-ment. Ensuite, poursuivit-il, nous avons passé la soirée devant un bon feu de cheminée où elle m’a raconté ce que lui voulait ce type, pourquoi elle l’avait fait coffrer, enfin tout ce qu’elle a dit dans sa déposition plus tard.
- Et c’est tout ? Vous avez juste … discuté ? s’étonna Demetrius.
- Vous êtes vraiment des obsédés ! dit Myles en levant les yeux au ciel. Cette nuit-là, elle s’est endormie dans mes bras, sur le canapé, tellement elle était épuisée. Quand je l’ai portée dans le lit, elle ne s’est même pas réveillée. Je me suis allongé à côté d’elle et je dois avouer que j’ai eu du mal à trouver le sommeil. J’avais tout de même failli perdre la femme à qui j’avais avoué mes sentiments la veille !!!
- Ben, mon pote, fit Bobby en lui donnant une tape amicale dans le dos, tu as une vie sentimentale très compliquée ! Regarde-nous tous les trois, il ne se passe rien.
- Tu trouves ? demanda Jack. Tu as oublié le jour où Tara a été menacée de mort et qu’elle était sur le point de quitter Washington !
Bobby se tut et regarda dans le vague :
- C’est vrai, reprit-il toujours songeur, mais là, on savait quoi faire et si elle était partie, ce n’était pas pour toujours.
- Eternel optimiste ! s’exclama Jack
- C’est ce qui me sauve, ajouta Bobby. En parlant de vie tranquille, Dem, je ne voudrais pas réveiller des souvenirs douloureux mais….
- Je vois de quoi tu veux parler, coupa-t-il. Notre couple traversait une crise et Donna pensait qu’un bébé nous rapprocherait.
- C’aurait été le cas ? demanda Myles.
- Sans aucun doute, même si je n’étais pas d’accord au départ mais Dieu en a décidé autrement. Heureusement, nous avons surmonté les difficultés et tout va bien maintenant. Les garçons nous occupent beaucoup, ils ont une vitalité débordante et ne nous laissent pas une minute de répit jusqu’à ce qu’ils s’endorment, mais c’est génial !
Ce fut au tour des trois autres de demeurer silencieux et de se projeter dans l’avenir en s’imaginant à leur tour pères de famille.
- Je me vois bien avec cinq mômes qui formeraient une équipe de basket, dit Bobby en riant et les vôtres seraient les remplaçants.
- Et pourquoi les nôtres seraient les remplaçants ?demanda Jack en lui lançant un bretzel. Tu crois qu’ils ne seraient pas aussi doués que les tiens ?
- Parce que tes enfants seraient sans doute motivés en premier par tout ce qui est patinage, expliqua Bobby à Jack ceux de Dem seront trop grands, quant à ceux de Myles, Dieu seul sait ce qui va les intéresser.
- Si un jour j’ai des enfants ! soupira Myles.
Les autres le regardèrent étonnés :
- Tu as perdu le mode d’emploi ? répliqua Bobby en riant.
Mais Myles ne riait pas ; son regard s’assombrit. Jack comprit qu’il y avait un problème et il n’était pas certain que son ami veuille en parler, mais Bobby toujours à l’affût de potins poursuivit son idée :
- Pourquoi tu ne réponds pas ? Tu n’assures plus ?
- Ca suffit, Bobby ! s’écria Myles agacé. Les plaisanteries en dessous de la ceinture ont assez duré !
Il se ressaisit, s’éclaircit la voix et expliqua :
- La cause en est l’accident d’Alexandra dont tout le monde a entendu parlé, mais ce que vous ne savez pas ce sont les conséquences et je viens de vous en donner une ! Aux dernières nouvelles, elle ne pourrait pas avoir d’enfant et si par le plus grand des hasards une grossesse se déclarait, ce serait dangereux pour elle.
Ils baissèrent la tête, Bobby était allé trop loin.
- Je suis désolé, Myles, s’excusa-t-il. Je ne savais pas.
Bobby se tut. Au fond de lui-même, il était furieux de sa réaction et regrettait amèrement d’avoir fait du mal à son ami.
- C’est bon, dit Myles, on oublie, on n’en parle plus
Dem rompit la glace :
- Il se fait tard, constata-t-il. Si on faisait une partie de billard avant de rentrer ?
Tout le monde acquiesça et ils se lancèrent dans une partie à qui ferait les points les plus spectaculaires. Soudain, le téléphone de Myles sonna alors qu’il était en fâcheuse posture et qu’il devait absolument marquer. Il décrocha et son visage s’éclaira ; inutile de faire des discours, tout le monde avait compris qui pouvait l’appeler à trois heures du matin. Il raccrocha tout sourires et annonça :
- Barbecue chez Alexandra pour le déjeuner, apportez les maillots de bains !
- Ca marche pour moi, dit Jack impatient de retrouver Sue.
- Moi aussi, ajouta Bobby.
- Si vous n’avez pas peur de deux petits monstres, on viendra aussi.
Myles tapa dans la dernière boule en trois bandes et tout le monde sépara.
Chapitre III
La matinée était déjà bien avancée quand Myles arriva chez Alexandra. Tout était calme. Il traversa le salon qui était impeccablement rangé, plus de trace de la soirée, les filles avaient tout remis en place. Seuls, restaient abandonnés sur un coin de table les DVD qu’elles avaient regardés. Il les examina et sourit en se disant que c’était bien des titres propices à une soirée entre copines. Les portes de la terrasse étaient grandes ouvertes et laisser entrer un agréable parfum qui venait du jasmin qui poussait dans un bac. Il avança en silence et aperçut dans un coin d’ombre Alexandra, en justaucorps, les cheveux noués en chignon sur la nuque, qui se livrait à ses exercices quotidiens d’assouplissements à la barre. Des écouteurs lui diffusaient de la musique sans déranger ses amies qui devaient encore dormir. Il s’adossa au montant de la porte, resta un instant à la regarder faire et devant l’application qu’elle mettait, il comprit comment et à quel prix elle avait surmonté les séquelles de son accident. Elle posa sa jambe droite sur la barre et toucha son genou de son front, le bras tendu loin devant elle. Quand elle se redressa, elle aperçut Myles et son visage s’illumina ; elle essuya les gouttes de sueur qui perlaient sur son visage et se précipita dans ses bras. Il lui ôta les écouteurs, la prit par la taille et la souleva, car en chaussons de danse, elle était beaucoup plus petite que lui. Elle noua ses bras autour de son cou.
- Tu m’as manqué, lui murmura-t-elle.
Pour toute réponse, il lui cloua les lèvres d’un baiser qui signifiait la même chose.
- Oh ! C’est pas vrai ! s’exclama une voix ensommeillée, des horreurs de grand matin !
Lucy venait de se réveiller. Tout le monde savait, qu’avant son premier café, elle était de mauvaise humeur. Les deux amoureux cessèrent de s’embrasser et Alexandra se laissa glisser à terre.
- Bonjour ma belle, bien dormi ? demanda la jeune femme à son amie. Assieds-toi, je t’apporte du café.
La table du petit déjeuner était dressée sous un auvent et la vue sur la ville était superbe. Ils s’installèrent tous les trois bientôt rejoints par Sue et Tara qui poussèrent un cri de surprise en voyant leur collègue et coururent passer un peignoir. Myles se rappela ce qu’avaient dit ses amis la veille de leur compagne respective au lever et ne put s’empêcher d’imaginer Tara, la tête sous l’oreiller et Sue était bien ébouriffée comme Jack l’avait décrite. Elles revinrent peu après, un peu plus décentes, si toutefois elles ne l’avaient pas été avec leurs pyjamas à nounours ou à petites fleurs. Seule Lucy restait imperturbable et avalait son café, les yeux dans le vague sans prêter attention à Myles.
- Bonjour, Myles. On ne s’attendait pas à te voir si tôt, remarqua Sue. Tu es allé te coucher de bonne heure ?
- Si trois heures du matin est de bonne heure pour toi, alors oui. Bonjour, Lévi, as-tu passé une bonne soirée ?
Un wouf d’approbation répondit à la question et tout le monde se mit à rire, même Lucy qui émergeait tout doucement.
- Et vous les filles, avez-vous passé une agréable soirée ? « Autant en emporte le vent » ! Un morceau d’anthologie ! Vous n’avez pas dû vous ennuyer sans parler de ce que vous avez pu raconter sur nous !
- Ah ! le beau Rhett Butler ! soupira Lucy complètement réveillée à cette évocation.
- Parce que vous vous êtes peut-être privés de parler de nous ! s’exclama Tara. De quoi parlent des mecs entre eux ? De sport et de leurs femmes et pas forcément dans cet ordre ; j’espère que vous avez été corrects.
- Tout à fait, assura Myles en baisant les doigts d’Alexandra. Jamais nous ne nous serions permis le moindre mot déplacé vous concernant pas plus que vous d’ailleurs à notre encontre, n’est-ce pas ?
- Bien sûr, mon cœur, mentit Alexandra en l’embrassant sur la joue.
- C’est dégoûtant, grogna Lucy, allez faire ça ailleurs.
Et tout le monde se mit à rire, la journée commençait bien.
- Il faut que je sorte Lévi, dit Sue.
- Je m’en occupe, proposa Myles. Tu viens Lévi, on y va ?
Le chien piétinait d’impatience et suivit son maître de quelques instants avec plaisir.
Les filles se préparèrent et lorsque Lévi et Myles revinrent, tout était fin prêt pour le barbecue. Peu de temps après, le portier appela pour avertir de la présence de Dem, Donna et les enfants qui, après avoir salué tout le monde, demandèrent le permission de jouer à leur jeu vidéo favori.
Alexandra se rendit à la cuisine suivie de Myles et ils refermèrent la porte derrière eux. Ils parlaient à voix basse :
- On leur dit ? demanda-t-elle. A quel moment ?
- Attendons que tout le monde soit là, répondit-il. Tu l’as ?
- Pas encore, tout à l’heure… Oh ! Zut ! chuchota–t-elle en entendant des pas se rapprocher.
Ils ne se laissèrent pas démonter et s’embrassèrent.
- Et ça recommence ! fit la voix de Lucy. Dites donc vous deux, Jack et Bobby arrivent.
- On vient ! s’exclamèrent-ils.
Et ils partirent d’un fou rire au souvenir d’un certain baiser échangé dans l’urgence par Jack et Sue. Sur la terrasse, les couples s’étaient reformés.
- Bonjour, fit Alexandra en embrassant les garçons. Soyez les bienvenus et faites comme chez vous.
- Nous, on fait déjà comme chez nous, dit un des fils de Dem et Donna, très occupé à détruire un horrible monstre de l’espace.
Cette remarque déclancha l’hilarité générale. Alexandra et Myles se regardèrent d’un air entendu. Il déboucha une bouteille de champagne et en remplit les coupes.
- C’est l’anniversaire de qui ?demanda Bobby.
- De personne, précisa Myles en prenant Alexandra par la taille. Nous voulons juste vous dire que vous êtes tous invités à notre mariage.
- J’ai bien lu ? fit Sue à Jack, ils vont se marier ?
Jack hocha la tête en signe d’approbation.
- Tu nous avait caché ça ! s’écria Bobby. Félicitations mon pote ! Et à toi, Alexandra, on ne sait pas quoi dire !
- Très drôle ! dit Myles en riant. La da te définitive n’est pas encore fixée nous pensions en septembre mais ce sera plus sûrement à Noël.
- Quelle idée ! fit Donna, vous voulez vous marier dans la neige !
- C’est une date importante pour nous, expliqua Alexandra tandis que Myles la serrait un peu plus fort contre lui.
- On dirait qu’on a raté un épisode, constata Tara, mais chez moi, c’est une habitude.
Bobby lui donna un baiser dans les cheveux en l’assurant que ce n’était pas le cas.
La future madame Myles Leland sortit sa main de sa poche et montra à ses amis sa superbe bague de fiançailles.
- Tu parles d’un caillou ! s’extasia Lucy.
- J’aimerais que vous soyez mes demoiselles d’honneur, leur dit Alexandra.
Ils se regardèrent et se comprirent. Sue prit la parole :
- Nous sommes très touchées et nous acceptons avec plaisir.
- Ce n’est pas tous les jours qu’on aide un copain à se mettre la corde au cou, ajouta Bobby.
Myles et Alexandra échangèrent un regard qui en disait long sur leurs sentiments. Ca y est, ils avaient franchi le pas.
- Bon, ben maintenant, vous avez le droit de vous embrasser, dit Lucy.
- Ecoutez-la, intervint Myles, elle va nous donner des ordres maintenant. Tu sais très bien que nous n’avons pas besoin de toi.
Et il joignit le geste à la parole.
La journée se poursuivit dans la joie ; les enfants de Dem et Donna étaient adorables et tout le monde finit tout habillé dans le jacuzzi. Myles se trouva gêné lorsque Alexandra sortit de l’eau le t-shirt trempé plaqué sur elle comme pour un concours de t-shirts mouillés. Il la recouvrit très vite d’une serviette et l’envoya se changer sous le regard amusé de ses amis. Il ne changerait jamais. Ils se quittèrent à la tombée de la nuit, gonflés à bloc pour attaquer une nouvelle semaine de travail. Ils en auraient besoin, mais ça c’est une autre histoire.
FIN
Myles tournait autour d’Alexandra qui préparait des amuse-bouche.
- Ca m’a l’air délicieux, dit-il en dérobant au passage un petit sandwich au concombre, mais je préfère ce morceau-là, ajouta-t-il en l’embrassant dans le cou
- Tu me chatouilles, s’exclama-t-elle en riant, arrête !
Il avait glissé la main sous son t-shirt car il savait que, comme à son habitude elle ne portait rien dessous quand elle était à la maison.
- Tu es incorrigible ! Ne t’excite pas, mon cœur, tu sais très bien que tu ne restes pas ce soir. Allez, ouste !
- Tu me mets à la porte ?
Elle se retourna et lui donna un de ses baisers dont elle avait le secret. Elle aimait le goût sucré de ses lèvres, c’était comme une gourmandise. Elle ne savait pas d’où venait cette saveur ; elle le soupçonnait d’utiliser un baume pour les lèvres, car elles étaient toujours douces et pulpeuses. Elle se sentit chavirer comme à chaque fois qu’il la touchait. Elle se ressaisit tant bien que mal :
- Oui, je te mets à la porte … jusqu’à demain, répondit-elle enfin. File, les filles ne vont pas tarder à arriver. N’oublie pas, interdiction de me téléphoner.
- A demain alors, dit-il en faisant semblant de pleurer.
- Un vrai gamin !
- Tu ne m’aimes plus, affirma-t-il, certain de l’effet que ces paroles feraient sur Alexandra.
Elle partit d’un rire cristallin et le poussa en direction de la porte :
- Tu as raison, mais qu’est-ce que je suis amoureuse de toi !
Un dernier baiser et il disparut dans l’ascenseur.
Ce vendredi soir-là, Alexandra avait décidé de faire une soirée pyjama avec Sue, Tara et Lucy, sans oublier Lévi. L’idée était venue tout bêtement après avoir revu Amanda, l’adolescente sourde que Sue avait pris sous son aile et qui leur avait raconté une soirée avec ses amies de lycée. Les filles avaient eu l’idée d’en faire autant et de se passer, pour un soir de la présence des garçons. La journée était délicieusement chaude, l’eau du jacuzzi à bonne température, la nuit était à elles. Elles avaient prévu un dîner raffiné arrosé de vins fins et de champagne, quelques films d’amour, une montagne de chocolat, de marshmallows et de la bonne musique. Elles ne dormiraient sans doute pas mais elles se rattraperaient le week-end. Les garçons quant à eux, devaient se retrouver dans leur bar favori pour jouer aux fléchettes et au billard en buvant quelques bières et en se racontant leurs bonnes histoires qui ne faisaient rire qu’eux, surtout celles de Myles qui ne faisaient rire que lui.
Alexandra vérifia si tout était prêt sur la terrasse : les draps de bains, les boissons fraîches. Satisfaite de son tour d’horizon, elle alla dans sa chambre mettre son maillot de bain avec un paréo blanc brodé de paillettes colorées. Elle tressa ses longs cheveux auburn. Un coup d’œil dans le miroir lui montra le reflet d’une jeune femme élégante. Soudain, le téléphone de l’entrée sonna.
- Merci, Stanton, vous pouvez les faire monter.
Peu après, Sue, Lévi, Lucy et Tara arrivèrent. Sue détacha Lévi qui partit à la découverte de l’appartement.
- C’est superbe ! s’exclama Lucy. C’est encore plus grand que chez nous ! Et cette terrasse !
- Soyez les bienvenues, les filles ! leur souhaita Alexandra. Mettez-vous à l’aise, faites comme chez vous.
- Merci, dit Sue. Je sens qu’on va passer une super soirée.
Lucy et Tara continuaient leur exploration :
- Dis donc, quand tu nous avais dit d’apporter les maillots de bain, je croyais que c’était pour faire de la bronzette sur la terrasse, pas pour se prélasser dans un jacuzzi. C’est génial ! s’écria Lucy, enthousiasmée.
Alexandra leur fit les honneurs de son appartement et elles se retrouvèrent bientôt sur la terrasse à admirer la vue et le soleil qui se couchait au loin sur le Potomac. Le ciel était rosé et une légère brise rafraîchissait l’air. Les filles enfilèrent prestement leurs maillots de bain et elles se retrouvèrent bientôt toutes les quatre dans le jacuzzi bouillonnant à apprécier une coupe de champagne aux fines bulles.
- Quelle belle journée ! Vous vous rendez compte, on est là toutes les quatre à se prélasser dans des bulles et à boire des bulles, s’exclama Lucy en riant.
Elles levèrent leurs verres et trinquèrent. Le soleil déclinait peu à peu et peu à peu, la nuit arriva Elles bavardaient joyeusement de tout et de rien quand Sue dit à Alexandra :
-Tu ne nous as jamais raconté comment tu avais la connaissance de Myles. Il paraît que ça s’est mal passé ?
Alexandra sourit en y repensant :
- Vous voulez vraiment que je vous raconte ? demanda-t-elle. Vous savez ça n’a pas grand intérêt.
- Si raconte, tout ce qui parle d’amour nous intéresse, insista Tara.
- Surtout quand ça concerne Myles, ajouta Lucy.
- Si vous voulez, mais ça va vous ennuyer, objecta-t-elle.
- Mais non, quand Myles est dans le coup, on ne peut s'ennuyer, renchérit Sue. Allez, vas-y!
- Bon, d'accord, c'est parti. C’était un jour à l’heure du déjeuner, commença Alexandra à la façon d’une histoire qu’on raconte aux enfants. Dans le bureau, il n’y avait que Jack et un autre homme que je ne connaissais pas. Je portais un lourd dossier dans une main et de l’autre, je m’appuyais sur une canne. Jack, le preux chevalier est venu à mon secours et a posé le dossier sur ton bureau Tara, je m’en souviens bien. On a même eu du mal à trouver de la place. Il m’a fait asseoir au bureau de Bobby et m’a présentée à l’autre homme qui s’est levé poliment et m’a serré la main en disant : « Myles Leland III° du nom ! ». J’ai trouvé ça amusant. Jack lui a ensuite expliqué que j’étais une vieille amie de Quantico, que nous avions travaillé autrefois ensemble et qu’on m’avait affectée au service juridique pour me reclasser après mon accident. Là, il a eu ces paroles qui m’ont profondément blessée sur le coup, pire qu’un coup de poignard en plein cœur ; il a dit et je le cite au mot près : « Le FBI devient le refuge des handicapés, maintenant ! ». Je me suis levée d’un bond, en prenant appui sur le bureau ; il se servait un café. J’ai avancé tant bien que mal jusqu’à lui car ma canne était restée sur ton bureau, Tara. Je l’ai regardé droit dans les yeux et…
- Tu l’as giflé, coupa Lucy.
- Je t’assure que ce n’était pas l’envie qui m’en manquait, poursuivit Alexandra. Je disais donc que je l’ai regardé droit dans les yeux et là, j’y ai lu tellement de tristesse que je n’ai rien dit. Mais je pensais au plus profond de moi que cet homme-là finirait par changer d’avis et que je ferai ce qu'il faut pour qu'il finisse par m'apprécier.
- On peut dire que tu as réussi, constata Sue. Et comment t’y es-tu prise ? Vous êtes sortis ensemble avant ce fameux soir ?
- Oui, il m a emmené prendre un verre deux ou trois fois et nos avons dîné une fois ensemble.
- Et il ne s’est rien passé entre vous ? demanda Lucy, curieuse.
- Rien de rien, affirma la jeune juriste. Nous partions chacun dans notre voiture et nous rentrions séparément, chacun chez soi. Mais je sentais bien qu’au fil des jours son attitude envers moi changeait.
- Jack m’a dit qu’il l’avait remis à sa place après sa remarque envers toi, précisa Sue. Il lui a dit que comme c’était lui qui avait le plus de compétences dans le domaine juridique, c’était lui qui serait amené à travailler avec toi, donc il fallait qu’il en prenne son parti.
- Il devait être furieux quand Jack lui a dit ça, renchérit Lucy. Et après, tu dis que son attitude envers toi changeait ?
- Oui, il n’avait plus ces gestes convenus de jeune homme de bonne famille, il devenait plus spontané et surtout, sa façon de me regarder était différente. Il avait jugé ma compétence professionnelle et il commençait à remarquer qu’il y avait aussi une femme en moi. Et puis un jour, environ cinq mois après le début de notre collaboration, nous nous sommes rencontrés dans l’ascenseur ; j’avais définitivement rangé ma canne dans le placard et je marchais à peu près normalement. J’ai vu son visage s’éclairer et il m’a félicitée de ma ténacité. Il savait que chaque jour, je subissais des séances de rééducation et elles avaient enfin porté leur fruit. Pour fêter cet événement, comme il disait, nous sommes allés dîner ensemble.
- Chez le marchand de hot-dogs du coin de l’avenue ? hasarda Lucy malicieusement.
- Pas du tout ma belle ! s’écria Alexandra, il m’a demandé ce que je préférais et nous sommes allés dans mon bar à sushis favori.
- Ben dis donc, il devait déjà être amoureux de toi ! s’exclama Lucy. Moi, il ne m’a jamais demandé de choisir le resto quand il m’invitait.
Elles rirent toutes les quatre de bon cœur. Elles sortirent du bain bouillonnant et s’installèrent dans les confortables fauteuils relax ; une montagne de délicieux petits amuse-bouche de toute sorte les attendaient et elles leur firent honneur tout en poursuivant leur conversation.
- Et après ? demanda Tara la bouche pleine. C’est délicieux, ces petites choses !
- Après ? poursuivit Alexandra. Eh bien après, il a été charmant et prévenant. Nous avons travaillé encore une fois ensemble et après plusieurs semaines, il y a eu ce fameux soir.
Elle fit une pause et vida son verre.
- Tu avais bien su qu’il s’était fait tirer dessus ? s’enquit Sue.
- Oui, bien sûr et j’avais même appelé Garrett pour avoir de ses nouvelles. Et comme dans la semaine, j’avais à faire à New York, je n’ai pas pu le voir mais je lui ai téléphoné, il allait bien ; enfin, il semblait aller bien.
- Mais toi, tu étais déjà amoureuse de lui ? questionna Tara.
- C’était encore pire que ça, avoua Alexandra. Je rêvais qu’il me prenne dans ses bras, qu’il m’embrasse, qu’il… bref, j'en rêvais. Passons, quand il m’a averti, ce fameux soir, qu’il voulait me voir, mon cœur s’est mis à battre la chamade et quand il est entré dans mon bureau, j’avais envie de me jeter dans ses bras tellement j’étais impatiente.
- Et c’est ce qui est arrivé, conclut Lucy.
- Pas vraiment, avec la tête qu'il faisait … Parce que c’est lui qui a pris les devants et m’a avoué son amour.
- Il a osé ! s’exclama Lucy.
- Sur les conseils de Sue, ajouta Tara.
- C’est vrai, Sue, je te dois mon bonheur, dit Alexandra.
- Je lui avais seulement conseillé de s’ouvrir, pas d’aller faire une déclaration d’amour, précisa-t-elle en souriant.
- Oui, mais pour lui, le plus urgent à ce moment-là, c’était de t’avouer ses sentiments, expliqua Lucy. Comme c’est romantique ! Myles romantique, j’ai du mal à l’imaginer ; il cache bien son jeu. Et après, raconte ! Comment s’est terminée la soirée ?
Alexandra rougit légèrement et continua son récit :
- Nous sommes venus ici pour dîner …
- … et vous êtes passés directement au dessert, compléta Lucy.
- Comment le sais-tu ? demanda Sue.
- Je connais, Myles, expliqua-t-elle. Et alors, c’était comment?
Alexandra rougit à nouveau ; décidément, Lucy voulait tout savoir.
- Comme tu l’as dit toi-même, il cache bien son jeu. Ca a été ma première nuit magique.
- Wahoo ! s’exclamèrent Sue et Tara ensemble.
- Tu dois drôlement l’inspirer ! constata Lucy.
- C’est réciproque, fit Alexandra.
- J’essaie de me souvenir, mais je ne me rappelle pas qu’il m’ait fait monter au septième ciel, reprit Lucy en fronçant les sourcils.
- Lucy ! s’indigna Sue, tu ne dois pas dire des choses comme ça !
- Je ne fais que dire la vérité, répartit l’incriminée, avec Myles, j’ai bien ri, mais il n’y a jamais eu une grande passion entre nous, je m’en rends compte maintenant en vous voyant tous les deux. Mais qu’est-ce que tu lui trouves ?
Alexandra fit passer le plateau de sandwiches, remplit les verres et se rassit. Elle but une gorgée de champagne :
- Et d’abord, pourquoi Myles et moi ? Moi, je ne sais rien de Sue et Jack ou de Tara et Bobby. A qui le tour ?
Les deux amies se regardèrent, surprises. Lucy qui était célibataire pour le moment parti d’un rire tonitruant et proposa :
- Si on tirait à la courte paille ?
Et elle joignit le geste à la parole en cassant des allumettes. Ce fut Tara qui tira la plus petite. - Allez, ma belle, l’encouragea Lucy, dis-nous tout ! Qu’est-ce que tu aimes chez Bobby ?
- Ce que j’aime chez Bobby, reprit-elle en faisant semblant de réfléchir, ce que j’aime chez Bobby, ben … son physique, il est tellement grand qu’on ne peut pas ne pas le remarquer. Il y a aussi son sourire charmeur, moi, il me fait craquer à chaque fois qu’il me sourit et ses yeux, vous avez vu ses yeux ! A chaque fois j’ai l’impression de me noyer dedans, tellement ils sont bleus !
- C’est vrai, approuva Alexandra, c’est un charmeur ; il sait prendre les gens du bon côté.
- Moi aussi, j’adore son sourire, ajouta Lucy.
- Doucement, les filles ne vous emballez pas, s’écria Tara en riant
- Qu’est-ce que tu n’aimes pas chez lui ? Il y a bien quelque chose que tu n’aimes pas, non ? insista Lucy .
- Raconte-nous plutôt comment c’est arrivé entre vous, demanda Sue, curieuse.
- Chaque chose en son temps, les filles, reprit Tara. Ce que je n’aime pas chez Bobby, ce sont ses cravates fantaisie avec des notes de musique et des couleurs criardes et son nœud de cravate; il fait un nœud simple, ça fait riquiqui. Je ne parle pas de son désordre ; il dit qu’il s’y retrouve mais il a toujours perdu quelque chose. Mais ce qui m’exaspère par-dessus tout, c’est….
- Quoi ? firent ses trois amies en même temps.
- Sa manie de manger n’importe quoi et n’importe quand. J’essaie de lui faire prendre des repas équilibrés quand nous sommes tous les deux, mais dès qu’il est seul, il avale n’importe quelle cochonnerie pourvu que ça s’appelle hamburger ou hot-dog, sans parler des pizzas et on ajoute à cela un soda ou de la bière, je ne vous raconte pas …. , vous connaissez son taux de cholestérol !
- Jack, de ce côté-là, est très raisonnable. Depuis sa crise cardiaque, il fait très attention à ce qu’il mange et comme j’ai toujours été habitué à manger sainement, il profite de mes bonnes habitudes.
- Myles aussi y est très attentif, cependant, il est capable de craquer pour une pâtisserie. Quand j’ai le temps, j’aime bien lui préparer de la cuisine typiquement française, il adore. Le tout arrosé d’un bon cru et le tour est joué. Il est épicurien mais il sait être raisonnable.
- Je comprends, le poulet à la crème que tu nous a cuisiné la dernière fois était un délice ! s’écria Sue. Lévi rêve encore des délicieux os que tu lui as offerts, n’est-ce pas Lévi ?
Lévi poussa un grognement de satisfaction comme s’il se souvenait de ce moment.
- Finalement, nos hommes, on les tient par l’estomac ! remarqua Alexandra, ils ne sont pas si compliqués !
Un éclat de rire envahit la terrasse. Le champagne aidant, elles étaient très joyeuses.
- Qu’est-ce que tu n’aimes pas chez Jack ? demanda Alexandra soudain sérieuse à Sue.
- C’est difficile parce que j’aime tout chez lui ; non, pas tout cependant…
- Ah…………..
- Pas tout. Il m’agace avec sa coiffure Il met une quantité de gel qui fait qu’on ne sent plus la texture de ses cheveux. Quand je lui passe la main dedans, j’ai l’impression de caresser un hérisson. Pourtant, il a de si beaux cheveux !
- J’aime bien sa coiffure, remarqua Tara. Bobby, lui, il passe des bombes de laque pour tenir sa frange. Chez Myles, c’est naturel, non ? Il ne met rien ?
- Effectivement, il ne met rien, mais il passe un bon moment dans la salle de bains, tous les matins, à faire son brushing ! A chaque fois, je dois me fâchée pour avoir la place quand on est chez lui, ce qui fait qu’il vient presque toujours ici. Il squatte la salle de bains de la chambre d’ami.
- Il se fait un brushing ? Ca alors ! s’exclama Sue.
- Et il est très doué pour ça, ajouta Lucy. Mais dis-nous, il y a bien quelque chose qui t’agace chez Myles, enfin, tu ne peux pas ne pas avoir quelque chose qui t’agace.
- Tu veux vraiment le savoir ? Outre ses grandes envolées lyriques ? Eh bien, ce sont … ses bretelles !
- Ses bretelles ? s’étonna Tara.
- Oui, ses bretelles, quand je les vois, je n’ai qu’une envie, c’est de les couper.
- Et il le sait, s’enquit Lucy.
- Non, je ne le lui ai pas encore dit.
- Et c’est tout ?
- Oui, c’est tout, sinon, il est parfait !!!!!!!!
Des protestations fusèrent qui se terminèrent en un fou rire.
- Parce que tu le trouves parfait avec ses caleçons de soie et ses costumes d’alpaga ou que sais-je encore ? poursuivit Lucy hilare.
- Il porte des caleçons de soie ? J’aimerai bien voir ça, dit Tara songeuse
Nouvelle crise de fou rire.
- Pas même en rêve, ma chérie, dit Alexandra en se tenant les côtes tellement elle riait. Myles est très sexy en caleçon. Et les vôtres, c’est caleçon aussi ?
- Jack, c’est shorty, avoua Sue ; il est très sexy aussi.
- Ca, je n’en doute pas, renchérit Lucy. Et Bobby ?
- Comme tout bon Australien, c’est l’australien.
- Non !!C’est affreux, je trouve, s’exclama Alexandra.
- Peut-être, mais il le porte bien, il a le physique pour.
Elles se turent un instant en essayant d’imaginer leurs compagnons dans les tenues évoquées.
- Dites, vous croyez qu’ils sont en train de dire la même chose de nous ? demanda soudain Lucy, très sérieuse.
- Tu veux dire qu’ils parlent de nos sous-vêtements ? demanda Sue, un peu inquiète.
- Jack ne t’a jamais offert de lingerie ? demanda Tara. Bobby m’en a offert plusieurs fois mais ce n’était pas mettable, pour moi, du moins. Toi, Alexandra, tu aurais été magnifique avec ce string. Myles t’a déjà fait ce genre de cadeau ?
- Tu rêves, rien que de me voir ouvrir mon tiroir à sous-vêtements, il rougit et détourne les yeux. Il ne peut prononcer le mot soutien-gorge sans bégayer, alors tu l’imagines entrer dans une boutique et acheter un string !
Nouvel éclat de rire, les filles imaginait le pauvre Myles aux prises avec des sous-vêtements féminins.
- Et toi, Sue ?
- J’aime les choses raffinées mais confortables. Jack connaît mes goûts et il lui arrive de m’offrir un caraco en soie ou un ensemble coordonné en dentelles.
- Wahoo ! Quel homme ! s’écria Lucy.
- Bon, tu n’as toujours pas répondu à ma question, Tara, insista Sue, comment c’est arrivé entre vous ?
Alexandra les interrompit et leur proposa de passer à table. Elles s’installèrent et tout en dégustant leur repas, elles poursuivirent leur conversation.
- Bobby et moi, ça a été latent pendant un bon moment et puis, Darcy est arrivée dans sa vie et elle est repartie ; moi de mon côté, j’ai eu Stanley, en pointillés.
- Et après, la pressa Alexandra, quand vous êtes-vous embrassés la première fois ?
- Ben, ça nous était déjà arrivé avant, le soir de son anniversaire quand il m’avait raccompagnée. Ca s’était arrêté là. Et puis, on s’est rapprochés lors de l’affaire de trafic d’organes.
- Rapprochés comment ? poursuivit Alexandra, intéressée et surtout soulagée de ne plus être sur le devant de la scène avec le pauvre Myles dont les oreilles devaient siffler.
Tara les regarda, l’air malicieux. Maintenant, elle était sur la sellette, alors elle se devait de jouer le jeu.
- Nous avons passé beaucoup de temps ensemble sur cette enquête et certains soirs, nous avons travaillé tard. Et un soir…..
- Quoi un soir ? s’impatienta Sue.
- Un soir, nous avons emporté le dossier chez moi….
- Et ? interrogea Lucy, haletante.
- Nous l’avons rapporté le lendemain au bureau … sans l’avoir ouvert.
- Tu veux dire que ? … interrogea Alexandra.
- Tu as très bien compris ce que je veux dire, poursuivit Tara, les yeux brillants en évoquant ce souvenir.
- Je crois me souvenir que c’est depuis ce moment-là que j’ai remarqué des petites choses entre vous, ajouta Lucy, comme des clins d’œil, des compliments, une main posée sur l’épaule.
- Quelle observatrice tu fais ! admira Sue. Tu as remarqué tout ça ?
- Et tu n’as rien dit ? lui reprocha Alexandra. Ce n’est pas sympa de ne pas partager avec les copines. Et alors, Tara, c’était comment ?
- Alexandra ! s’exclama Sue, indignée.
- Désolée, mais j’ai eu droit à un interrogatoire en règle, alors chacune son tour, se justifia-t-elle.
Les filles durent reconnaître qu’elles avaient bien cherché ce genre de question et tout comme Alexandra s’était pliée à leur jeu, elles devaient elles aussi répondre. Tara poursuivit, un peu gênée :
- Maintenant que j’y repense, je peux dire que j’ai eu l’impression de surfer sur les vagues ; c’était nouveau et ... merveilleux. Il faut le vivre pour comprendre, je ne sais pas comment vous le décrire. C’est tantôt tout en force, tantôt tout en douceur, un rock et un slow, un cri et un murmure, du salé et du sucré, enfin, je ne sais pas quoi vous dire de plus, c’était …
- Wahoo ! s’écria Lucy. Une de plus qui a de la chance ! et ça fait combien de temps que tu vis ça ?
- Ca va faire trois mois dans quelques jours, dit Tara fièrement. J’ai du mal à y croire mais c’est vrai, Bobby et moi, nous entendons vraiment bien et pour nous, notre relation est unique. Il est franc et direct, avec lui tout se passe sans détour. C’est pour cela que je l’aime.
- C’est vrai qu’avec Myles les choses sont un peu plus compliquées parce que lorsqu’il a quelque chose à dire, il le dit, bien sûr, mais en choisissant ses mots, en utilisant des métaphores, des comparaisons, bref des figures de style qui font qu’il met vingt minutes pour exprimer une pensée qui aurait nécessité, allez, soyons généreuses, vingt secondes. Vous le connaissez, il ne peut s’empêcher de manipuler les mots.
- Ca oui, on s’en rend compte tous les jours, assura Lucy. Mais je trouve qu’il a fait des progrès, il se surveille davantage. Tu lui as fait la leçon ?
- Non, il a compris tout seul. Mais Bobby, il est craquant, il faut bien le reconnaître. Je crois que si je n’étais pas avec Myles, je tenterais ma chance avec lui, ajouta Alexandra avec un sourire malicieux à l’intention de Tara.
- N’y pense même pas, répondit celle-ci en riant. Et si on parlait maintenant de vous deux, Sue ?
Sue repoussa son assiette, posa sa serviette et les regarda avec étonnement :
- Jack et moi ? Depuis que je suis entrée au FBI, nous avons toujours été complices. Contrairement à Myles, il m’a accueillie à bras ouverts tout comme Bobby et Dem. Je lui en serai toujours reconnaissante.
- Ca, on sait. Ce n’est pas ce qui nous intéresse, fit Alexandra. N’oublie pas que je suis une pièce rapportée et que je ne sais pas tout.
- Tu as raison, mais quand tu es arrivée rien ne s’était encore passé entre nous. Tout a vraiment commencé au moment de l’enquête chez Callaghan et Merced.
- Quand vous vous êtes embrassés soit disant pour brouiller les pistes, précisa Tara. Mon œil !
Eclat de rire général autour de la table. Sue riait aussi à ce souvenir.
- Il faut bien reconnaître qu’après ce jour-là notre relation n’a plus jamais été la même. Ce baiser-là avait été inattendu, inespéré même et comme Jack est un grand timide sous des apparences d’homme sûr de lui, il s’est embrouillé dans des excuses invraisemblables. Nous sommes restés quelque temps dans l’expectative et puis un soir….
- Allez, la coupa Tara, raconte vite !
- Tu es bien impatiente, dit Sue en riant, je disais donc, un soir, tu dois t’en souvenir Lucy, je ne suis pas rentrée ou plutôt, je ne suis rentrée qu’au petit matin, juste à l’heure pour me préparer pour aller travailler.
- Tu parles, si je m’en souviens ! Toute la nuit je me suis fait un sang d’encre parce que tu n’étais pas rentrée et qu’est-ce que je vois le lendemain matin ? Une Sue radieuse qui visiblement avait dû passer une excellente nuit.
Ce fut au tour de Sue de rougir :
- C’est vrai, j’avais passé la nuit avec Jack, avoua-t-elle.
- Tout de même ! s’exclama Tara. Et alors, c’était comment ?
- Tara ! s’indigna Lucy.
- Ben quoi ? répliqua celle-ci, on a le droit de savoir, elle sait tout sur nous !
Sue caressa Lévi qui s’était approché et poursuivit :
- Nous nous sommes embrassés et je sentais bien qu’il aurait voulu aller plus loin, mais il n’osait pas. Et petit à petit, au fil de la soirée, il a pris confiance en lui et il s’est enhardi. Je n’ai pas encore compris comment nous nous sommes retrouvés dans son lit mais je me souviens de chaque instant suivant comme si je le vivais encore ; il ne me parlait pas mais ses lèvres et ses mains parlaient pour lui et j’ai su ce soir-là qu’il m’aimait.
- Et de trois ! annonça Lucy. Désolée les filles, moi, je n’ai rien à vous raconter pour l’instant.
- Ca viendra, ma belle, la rassura Alexandra, et nous referons une autre soirée pyjama pour l’occasion.
- Parce que vous croyez peut-être que je vais vous raconter mes petits secrets, leur dit Lucy en riant.
- Tu auras intérêt à le faire, la reprit Tara, nous venons de te dévoiler les nôtres alors tu n’as aucune raison d’y échapper.
- Qui vivra verra ! conclut Lucy. Et si on se regardait un film ? Montre-nous ce que tu as. « Love story », pas mal, « Une étoile est née » avec Judy Garland et James Mason, connais pas, « Autant en emporte le vent », ça c’est une histoire d’amour ! Qu’en pensez-vous les filles ?
- Ca me va, dit Sue.
- Moi aussi, renchérit Tara.
- Je vais chercher le pop-corn, ajouta Alexandra.
Elles enfilèrent chacune un confortable peignoir en éponge car la soirée commençait à fraîchir et se lovèrent sur les canapés profonds pour regarder ce film mémorable.
Chapitre II
Mais que faisaient les garçons pendant ce temps ? Après avoir quitté l’appartement de sa compagne, Myles rentra chez lui pour mettre une tenue plus appropriée à une soirée entre amis et il rejoignit Jack et Bobby dans leur bar favori.
- Tu es en retard, lui fit remarquer Bobby.
- Désolé, s’excusa-t-il, j’ai du mal à quitter Alexandra. La soirée chez elle s’annonce bien. Si nous, nous devrons nous contenter de bière et de sandwiches, je ne vous dis pas ce qu’il y a là-bas. Elles vont jeûner tout le reste de la semaine parce qu’elles auront pris du poids.
- Tu es mauvaise langue, intervint Jack, ce n’est sûrement pas Alexandra qui va grossir, quant à Sue, je n’ose même pas y penser.
Bobby restait songeur et finit par dire :
- Tara, si elle ne se surveille pas …..
Ces deux amis le regardèrent étonnés.
- Ben oui, ne faites pas cette tête-là, Tara surveille tout ce qu’elle mange maintenant et tout ce que moi je mange par la même occasion, alors quand elle cuisine, c’est toujours très diététique, surtout depuis qu’elle connaît mon taux de cholestérol !
Myles éclata de rire à ce souvenir. Suite à l’inversion de leurs prélèvements de sang, Arlen s’était fait une joie de mettre Myles au régime et avait félicité Bobby de son bon résultat, mais quelques jours après, un nouvel examen sanguin mettait en évidence son erreur et c’est le pauvre Bobby qui avait dû abandonner ses pizzas froides de préférence, ses hamburgers et autres hot-dogs et beignets bien gras.
- Chez Sue, c’est une habitude alors pour moi tout va bien, ajouta Jack. Je suppose que pour toi, c’est pareil, Myles. Une femme qui pratique la danse doit se surveiller, donc je suppose que tu en profites.
- N’oubliez pas qu’elle est une ancienne obèse ! précisa Myles.
- Quoi ? Alexandra obèse ? s’exclama Bobby. J’ai du mal à l’imaginer, on dirait une liane !
- Eh ! doucement, ne t’emballe pas ! le modéra son ami, un tantinet jaloux. Elle a fait preuve d’une grande volonté et elle est devenue ce qu’elle est maintenant.
- Pour ce qui est de faire preuve de volonté, je l’ai vue à l’œuvre après son accident, renchérit Jack. C’est pour cette raison que je t’ai volé dans les plumes après t’avoir entendu lui faire cette remarque le jour où tu as fait sa connaissance. Je te jure que je m’en suis mordu les doigts, de te l’avoir présentée.
- Je n’oublierai jamais ce jour pour de nombreuses raisons, fit Myles, les yeux dans le vague comme s’il cherchait à revivre ces moments. Tu sais qu’elle ne m’a jamais parlé de cet accident ; elle effectuait une mission avec vous deux, je crois ?
- Oui, c’est vrai, affirma Bobby. C’était au cours d’un raid. On enquêtait sur un trafic d’armes et on avait localisé une planque dans la montagne. Alors qu’on s’approchait de la maison, une explosion l’a détruite. Alexandra, qui se trouvait à l’opposé de nous deux, a été projetée par le souffle dans le ravin.
Myles était silencieux mais son regard en disait long, il imaginait la scène et voyait le corps de son amie au fond de ce trou.
- Les secours sont arrivés très vite et elle a été transportée par hélicoptère au centre hospitalier le plus proche, poursuivit Jack. On a attendu un bon moment avant de savoir quelque chose. Le diagnostic était le suivant : elle avait perdu l’usage de ses jambes. Ne te vexe pas, Myles, mais nous, nous trouvions ça dommage car elle avait de très belles jambes.
- Dieu merci, elle les a toujours, ajouta Myles.
- Le reste des blessures était vraiment insignifiant face à cette nouvelle, continua Bobby. Elle a très vite été transférée dans un centre spécialisé où tout le monde s’acharnait à essayer de lui apprendre à se servir correctement d’un fauteuil roulant et à faire des exercices pour ne pas perdre trop de muscles. Il faut dire qu’au bout de six mois, ses jambes étaient devenues des bâtons. Alors elle en a eu assez et contre l’avis de tout le monde, elle a pris ses affaires et est rentrée chez ses parents, à Boston. Avec l’aide d’un médecin ami de la famille, elle s’est acharnée. Lorsque nous sommes retournée la voir quelques mois plus tard, elle marchait avec des béquilles. Un vrai miracle !
- Il y avait donc eu erreur de diagnostic ? demanda Myles.
- Exactement, elle passait des heures chaque jour, à faire des exercices, qu’elle répétait inlassablement. Je l’ai même vue tomber, pleurer de rage et de douleur et recommencer jusqu’à y arriver, raconta Jack, alors tu comprends que ce que tu lui a dit la première fois où tu l’as rencontrée, je n’ai pas pu le supporter.
Myles baissa les yeux, décidément cette histoire allait le poursuivre toute sa vie.
- Je sais, Jack, mes paroles ont dépassé mes pensées ; je l’ai regretté aussitôt, mais mon orgueil mal placé m’a empêché de reconnaître mes torts ; je pense m’être bien racheté depuis et je me rachète encore tous les jours.
- Et peu de temps après, poursuivit Bobby, elle est revenue travailler avec nous et tu sais comment les choses ont évolué. C’est la discipline acquise à la danse qui l’a sauvée.
- Je n’oublierai jamais le jour où je l’ai vue sortir de l’ascenseur, son sac dans une main, son téléphone dans l’autre, pas de canne. Elle était heureuse, elle avait gagné. Je voulais lui montrer ma joie et je l’ai invité à dîner.
- C’était très délicat de ta part, affirma Jack ; tu l’as emmené chez le marchand de hot-dogs du coin de la rue ?
Myles lança un regard foudroyant à son ami.
- Désolé de vous décevoir tous les deux, mais c’est ce soir-là que j’ai découvert son bar à sushis favori et nous nous y rendons très souvent depuis.
- Elle a toujours aimé les japonaiseries, reprit Bobby. Déjà à Quantico, elle essayait de nous entraîner dans ce genre d’endroit. Ce qui est pratique, c’est que lorsqu ‘elle est avec nous, on n’a pas besoin d’attendre le serveur pour traduire la carte. Finalement, vous faites une drôle de paire tous les deux, tu parles chinois, elle japonais, le monde est à vous !
Ils se mirent à rire de bon cœur en buvant leurs bières, mais Myles avait un pincement au cœur en songeant à ce qu’avait vécu la femme de sa vie et dont elle ne lui avait jamais parlé.
- Finalement, je m’aperçois que vous en savez plus sur Alexandra que moi, constata-t-il.
- Tu vis le meilleur avec elle et, crois-moi, c’est ce qui compte, répondit Jack ; si elle ne t’a jamais parlé de son accident, comme elle dit, c’est parce qu’elle a tourné la page, que tu es arrivé au bon moment dans sa vie et qu’elle est toute entière tournée vers l’avenir avec toi.
- Jack a raison, tu sais, enchaîna Bobby, je commençais à désespérer de te trouver quelqu’un et voilà que tu tombes amoureux d’une de nos meilleures copines. Au début, je n’y croyais pas, on t’a vu avec tellement de filles qu’on ne savait plus s’il fallait prendre les choses au sérieux. Je peux te dire une chose, mon petit pote, c’est que si tu avais fait souffrir Alexandra, crois-moi que je t’aurai mis mon poing dans la figure plutôt deux fois qu’une et avec plaisir.
- Tu l’as échappé belle, conclut Jack.
Myles fit mine de pousser un soupir de soulagement et proposa de faire une partie de fléchettes.
- Et toi, Jack, comment ça va avec Sue ? demanda Bobby. Quand je pense que vous ne vouliez pas qu’on sache que vous vous étiez embrassés !
- On voulait rester discrets, c’est tout, prétexta Jack. Il est inutile que tout le monde soit au courant, surtout que le règlement l’interdit.
- Ne me dis pas que le règlement va te déranger pour ça, rétorqua Myles. Raconte comment se passe la cohabitation.
Jack se racla la gorge, but une lampée de bière, prit une fléchette, ajusta son tir et mit en plein dans le mille.
- Nous avons réussi à nous entendre sur le partage des tâches, expliqua Jack, moi, ça ne me dérange pas parce qu’à la maison, on savait tous ce qu’on devait faire. Chez nous, c’est pareil, Sue et moi nous complétons à merveille. Et Alexandra et toi ?
- Tu sais très bien que nous n’habitons pas ensemble, le problème ne se pose donc pas, répliqua Myles. Demandons plutôt à Bobby comment il se débrouille avec Tara.
- C’est difficile, car elle est très méticuleuse et moi, j’ai ma façon de ranger, dit-il, alors elle se met parfois en colère. Mais je lui fais un de mes fameux sourire et elle craque. Alors pour lui faire plaisir, je range mes affaires, elle est contente et le lendemain, c’est à nouveau la pagaille. Et ça recommence. Howie a raison, il faut que je me trouve un système de rangement qui me convient, ce sera mieux pour tout le monde. Mais, il y a un truc que je ne comprends pas, Myles. Vous n’habitez pas ensemble, soit, mais quand vous dînez chez l’un ou chez l’autre … oh ! vous ne dînez pas … vous ne faites que………..
Myles haussa les épaules :
- Bien sûr que nous dînons, bien sûr que nous desservons la table et que nous rangeons la vaisselle sale mais nous faisons ça naturellement et à deux ça va plus vite. De toute façon, Alexandra a sa gouvernante qui vient chaque jour et moi, j’ai ma femme de ménage, deux fois par semaine.
- Ces gens de la haute ! s’exclama Bobby. Vous vous êtes bien trouvés tous les deux !
- On peut dire la même chose de vos couples respectifs, ajouta Myles. Allez Jack, dis-nous ce qui t’a attiré chez Sue.
- C’est une excellente question à laquelle je ne saurai répondre avec précision car tout m’a attiré en elle. D’abord, son sourire, dit-il en réfléchissant, puis sa spontanéité, ses yeux, son physique … que sais-je encore ? Et on s’entend bien depuis le premier jour. C’est important non ? Et toi Bobby ?
- Tara a un petit air espiègle qui m’a tout de suite plu, elle est ravissante ce qui ne gâche rien et elle est très intelligente. Elle m’épate souvent.
- Ben voilà qui est concis, remarqua Myles en lançant sa fléchette dans le cadre de la cible. M…….
- Et toi qui a la plus jolie fille du service juridique, interrogea Jack, qu’est-ce qui t’a plu chez elle?
Myles fit mine de réfléchir un instant et ouvrit la bouche pour parler mais il fut interrompu par Bobby :
- Je parie que tu as fait comme nous tous, tu as craqué pour ses yeux.
- Oui, ça n’a rien d’original, mais quand j’ai travaillé avec elle, après, j’ai découvert qui elle était vraiment et j’ai aimé ce que j’ai trouvé chez elle. Et plus tard ….
- Tu allais dire « plus tard », tu veux parler du moment où vous avez commencé à être … intime ? se hasarda Bobby. Allez, raconte !
- Eh bien, quand Alexandra est à la maison, elle porte un vieux jean informe et un pull géant et surtout, elle défait ses cheveux qui lui retombent jusque dans le bas du dos ; ils sont magnifiques.
- C’est vrai, une rousse aux yeux verts ! s’exclama Jack.
- Elle n’est pas rousse ! s’indigna Myles. Elle est auburn, c’est différent.
- Mais c’est très joli quand même, ajouta Bobby. C’est drôle, à la maison, Tara met aussi des vêtements plus confortables, des trucs déformés qu’elle garde au fond des placards et refuse de jeter.
- Sue porte souvent un horrible gilet qu’elle serre avec une ceinture mais elle dit qu’elle se sent bien dedans et que ça la détend. Moi aussi, j’aime bien porter un jogging, ça me change des tenues de travail avec la cravate qui me serre le cou.
- Dès que je rentre, fit Bobby, je troque chemise et cravate contre un polo et un jean, ce n’est qu’à ce moment-là que je déconnecte. Toi, Myles, en revanche, je ne t’imagine pas autrement qu’en costume trois pièces à tel point que ce soir tu m’épates.
Il y avait de quoi ! Myles portait un jean noir avec une chemise assortie à ses yeux ouverte sur un T-shirt noir. Bobby avait mis sa tenue favorite et Jack, une chemise hawaïenne. Nos trois agents spéciaux se relâchaient!
- Je porte très souvent des tenues décontractées, mais pas négligées, j’ai horreur du laisser aller.
- On s’en serait douté ! s’exclama Jack. Plus j’y pense, plus je me dis qu’Alexandra et toi êtes faits l’un pour l’autre. Vous avez la même vision esthétique des choses. Je parierai même qu’elle se lève avant toi le matin pour se pomponner et paraître à son avantage. Moi, j’adore Sue, au réveil, quand elle est encore à chercher ses repères avec les cheveux ébouriffés. Elle est à croquer et je ne m’en prive pas quand nous avons le temps !
- Ben dis dons, tu commences de bonne heure ! s’écria Bobby en riant. Tara, le matin, a toujours la tête sous l’oreiller pour ne pas entendre le réveil. Souvent, je suis obligé de la secouer pour qu’elle réagisse et c’est toujours l’odeur du café que je lui apporte qui la réveille complètement et après, c’est selon si on est en semaine ou le week-end.
Myles restait silencieux, il était embarrassé de toutes ses confidences. Il n’allait plus jamais regarder ses collègues comme avant. Bobby le rappela à la réalité :
- Alors et Alexandra ? Elle se pomponne ou pas avant que tu te lèves ?
- Au quotidien, elle est quelqu’un de naturel, expliqua Myles. Vous la connaissez comme la jeune avocate dynamique toujours tirée à quatre épingles, coiffée, maquillée, élégante. Moi, je connais le revers de la médaille et c’est tout aussi charmant.
- Alors raconte ! s’impatienta Jack. A Quantico, on l’a pourtant vue dans des tenues de combat peu seyantes et souvent boueuses mais pas davantage !
- J’ose l’espérer, reprit Myles, un peu agacé de ces familiarités passées entre ses amis et sa fiancée. D’abord, le matin, je me lève avant elle et je la recouvre …
- C’est mieux vu le temps que tu passes dans la salle de bains, coupa Jack
- Je vois, poursuivit Myles, les médisances vont bon train. Je disais donc que je me lève avant elle et je prépare le petit déjeuner …
- Je ne te vois pas avec un tablier par-dessus ton pyjama, l’interrompit Bobby.
Myles le foudroya du regard.
- D’accord, tu n’en portes pas…. renchérit Jack
Nouveau regard foudroyant du pauvre Myles qui commençait à bouillir.
- Je veux dire de tablier, se rattrapa Jack.
- Si vous ne me laissez pas parler ….menaça-t-il. Elle dort sur le ventre, ses cheveux lui recouvrent les épaules. Pour la réveiller, j’écarte la mèche qui recouvre sa joue et je lui donne un gros baiser qui la tire de sa léthargie. C’est pareil toutes les fois que nous dormons ensemble et ensuite, elle se retourne, elle ouvre les yeux, elle me sourit et elle vient se blottir contre moi, le temps de se réveiller complètement.
- Moi, rien qu’à te voir, je serai vite réveillé ! plaisanta Bobby.
- Très drôle ! continua Myles. C’est un rituel auquel nous sacrifions volontiers.
Ils se turent un instant ; Bobby en profita pour placer ses fléchettes en plein dans le mille, Myles envoya les siennes dans la cible, mais pas suffisamment bien pour battre son ami. Jack termina la partie et remporta le jeu. Ils allèrent s’asseoir à une table isolée où ils furent rejoints par Dem :
- Salut ! Alors, vous vous en sortez sans les filles ? demanda-t-il malicieusement.
- Et toi, ce match de football ? interrogea Jack.
- Les garçons ont gagné chacun leur match, répondit fièrement Dem. Après, les entraîneurs ont organisé une petite fête. Inutile de te dire que les champions n’ont pas demandé leur reste quand on les as mis au lit ; Donna aussi est sur les genoux, elle les a soutenu jusqu’au bout ; quand je suis parti, elle dormait à poings fermés. De quoi parliez- vous avant que j’arrive ?
- De Myles en train de préparer le petit déjeuner de sa dulcinée, annonça Bobby en lançant un clin d’œil complice à Jack.
- Quelle veinarde ! Je te vois….
- Stop ! l’interrompit Myles, j’ai déjà donné !
Dem ne put s’empêcher de rire :
- Désolé, j’arrive après la bataille !
Il redevint sérieux et enchaîna à l’adresse de son ami :
- Je ne te l’ai jamais dit, mais ça a été une drôle de surprise de te voir avec elle le soir de la prise d’otage. J’ai cru que c’était encore le contrecoup du choc que tu avais subi qui te rendait si prévenant. Mais quand je vous ai vus tous les deux dans la boue, sous la pluie et après à l’hôpital, là, je n’ai plus eu aucun doute ….
- Et d’ailleurs, qu’est-ce que vous avez fait une fois que je vous ai eu ramenés chez toi ? demanda Jack. Tu ne nous l’as jamais dit.
- Ca recommence ! soupira Myles. Il était bien évident que je ne pouvais pas la laisser seule après ce qu’elle venait de vivre, même si elle a été formée à ce genre de situation. Eh bien, figure-toi que comme nous étions trempés et couverts de boue, nous avons pris une douche.
Bobby ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais Myles le devança :
- Nous avons pris une douche sé-pa-ré-ment. Ensuite, poursuivit-il, nous avons passé la soirée devant un bon feu de cheminée où elle m’a raconté ce que lui voulait ce type, pourquoi elle l’avait fait coffrer, enfin tout ce qu’elle a dit dans sa déposition plus tard.
- Et c’est tout ? Vous avez juste … discuté ? s’étonna Demetrius.
- Vous êtes vraiment des obsédés ! dit Myles en levant les yeux au ciel. Cette nuit-là, elle s’est endormie dans mes bras, sur le canapé, tellement elle était épuisée. Quand je l’ai portée dans le lit, elle ne s’est même pas réveillée. Je me suis allongé à côté d’elle et je dois avouer que j’ai eu du mal à trouver le sommeil. J’avais tout de même failli perdre la femme à qui j’avais avoué mes sentiments la veille !!!
- Ben, mon pote, fit Bobby en lui donnant une tape amicale dans le dos, tu as une vie sentimentale très compliquée ! Regarde-nous tous les trois, il ne se passe rien.
- Tu trouves ? demanda Jack. Tu as oublié le jour où Tara a été menacée de mort et qu’elle était sur le point de quitter Washington !
Bobby se tut et regarda dans le vague :
- C’est vrai, reprit-il toujours songeur, mais là, on savait quoi faire et si elle était partie, ce n’était pas pour toujours.
- Eternel optimiste ! s’exclama Jack
- C’est ce qui me sauve, ajouta Bobby. En parlant de vie tranquille, Dem, je ne voudrais pas réveiller des souvenirs douloureux mais….
- Je vois de quoi tu veux parler, coupa-t-il. Notre couple traversait une crise et Donna pensait qu’un bébé nous rapprocherait.
- C’aurait été le cas ? demanda Myles.
- Sans aucun doute, même si je n’étais pas d’accord au départ mais Dieu en a décidé autrement. Heureusement, nous avons surmonté les difficultés et tout va bien maintenant. Les garçons nous occupent beaucoup, ils ont une vitalité débordante et ne nous laissent pas une minute de répit jusqu’à ce qu’ils s’endorment, mais c’est génial !
Ce fut au tour des trois autres de demeurer silencieux et de se projeter dans l’avenir en s’imaginant à leur tour pères de famille.
- Je me vois bien avec cinq mômes qui formeraient une équipe de basket, dit Bobby en riant et les vôtres seraient les remplaçants.
- Et pourquoi les nôtres seraient les remplaçants ?demanda Jack en lui lançant un bretzel. Tu crois qu’ils ne seraient pas aussi doués que les tiens ?
- Parce que tes enfants seraient sans doute motivés en premier par tout ce qui est patinage, expliqua Bobby à Jack ceux de Dem seront trop grands, quant à ceux de Myles, Dieu seul sait ce qui va les intéresser.
- Si un jour j’ai des enfants ! soupira Myles.
Les autres le regardèrent étonnés :
- Tu as perdu le mode d’emploi ? répliqua Bobby en riant.
Mais Myles ne riait pas ; son regard s’assombrit. Jack comprit qu’il y avait un problème et il n’était pas certain que son ami veuille en parler, mais Bobby toujours à l’affût de potins poursuivit son idée :
- Pourquoi tu ne réponds pas ? Tu n’assures plus ?
- Ca suffit, Bobby ! s’écria Myles agacé. Les plaisanteries en dessous de la ceinture ont assez duré !
Il se ressaisit, s’éclaircit la voix et expliqua :
- La cause en est l’accident d’Alexandra dont tout le monde a entendu parlé, mais ce que vous ne savez pas ce sont les conséquences et je viens de vous en donner une ! Aux dernières nouvelles, elle ne pourrait pas avoir d’enfant et si par le plus grand des hasards une grossesse se déclarait, ce serait dangereux pour elle.
Ils baissèrent la tête, Bobby était allé trop loin.
- Je suis désolé, Myles, s’excusa-t-il. Je ne savais pas.
Bobby se tut. Au fond de lui-même, il était furieux de sa réaction et regrettait amèrement d’avoir fait du mal à son ami.
- C’est bon, dit Myles, on oublie, on n’en parle plus
Dem rompit la glace :
- Il se fait tard, constata-t-il. Si on faisait une partie de billard avant de rentrer ?
Tout le monde acquiesça et ils se lancèrent dans une partie à qui ferait les points les plus spectaculaires. Soudain, le téléphone de Myles sonna alors qu’il était en fâcheuse posture et qu’il devait absolument marquer. Il décrocha et son visage s’éclaira ; inutile de faire des discours, tout le monde avait compris qui pouvait l’appeler à trois heures du matin. Il raccrocha tout sourires et annonça :
- Barbecue chez Alexandra pour le déjeuner, apportez les maillots de bains !
- Ca marche pour moi, dit Jack impatient de retrouver Sue.
- Moi aussi, ajouta Bobby.
- Si vous n’avez pas peur de deux petits monstres, on viendra aussi.
Myles tapa dans la dernière boule en trois bandes et tout le monde sépara.
Chapitre III
La matinée était déjà bien avancée quand Myles arriva chez Alexandra. Tout était calme. Il traversa le salon qui était impeccablement rangé, plus de trace de la soirée, les filles avaient tout remis en place. Seuls, restaient abandonnés sur un coin de table les DVD qu’elles avaient regardés. Il les examina et sourit en se disant que c’était bien des titres propices à une soirée entre copines. Les portes de la terrasse étaient grandes ouvertes et laisser entrer un agréable parfum qui venait du jasmin qui poussait dans un bac. Il avança en silence et aperçut dans un coin d’ombre Alexandra, en justaucorps, les cheveux noués en chignon sur la nuque, qui se livrait à ses exercices quotidiens d’assouplissements à la barre. Des écouteurs lui diffusaient de la musique sans déranger ses amies qui devaient encore dormir. Il s’adossa au montant de la porte, resta un instant à la regarder faire et devant l’application qu’elle mettait, il comprit comment et à quel prix elle avait surmonté les séquelles de son accident. Elle posa sa jambe droite sur la barre et toucha son genou de son front, le bras tendu loin devant elle. Quand elle se redressa, elle aperçut Myles et son visage s’illumina ; elle essuya les gouttes de sueur qui perlaient sur son visage et se précipita dans ses bras. Il lui ôta les écouteurs, la prit par la taille et la souleva, car en chaussons de danse, elle était beaucoup plus petite que lui. Elle noua ses bras autour de son cou.
- Tu m’as manqué, lui murmura-t-elle.
Pour toute réponse, il lui cloua les lèvres d’un baiser qui signifiait la même chose.
- Oh ! C’est pas vrai ! s’exclama une voix ensommeillée, des horreurs de grand matin !
Lucy venait de se réveiller. Tout le monde savait, qu’avant son premier café, elle était de mauvaise humeur. Les deux amoureux cessèrent de s’embrasser et Alexandra se laissa glisser à terre.
- Bonjour ma belle, bien dormi ? demanda la jeune femme à son amie. Assieds-toi, je t’apporte du café.
La table du petit déjeuner était dressée sous un auvent et la vue sur la ville était superbe. Ils s’installèrent tous les trois bientôt rejoints par Sue et Tara qui poussèrent un cri de surprise en voyant leur collègue et coururent passer un peignoir. Myles se rappela ce qu’avaient dit ses amis la veille de leur compagne respective au lever et ne put s’empêcher d’imaginer Tara, la tête sous l’oreiller et Sue était bien ébouriffée comme Jack l’avait décrite. Elles revinrent peu après, un peu plus décentes, si toutefois elles ne l’avaient pas été avec leurs pyjamas à nounours ou à petites fleurs. Seule Lucy restait imperturbable et avalait son café, les yeux dans le vague sans prêter attention à Myles.
- Bonjour, Myles. On ne s’attendait pas à te voir si tôt, remarqua Sue. Tu es allé te coucher de bonne heure ?
- Si trois heures du matin est de bonne heure pour toi, alors oui. Bonjour, Lévi, as-tu passé une bonne soirée ?
Un wouf d’approbation répondit à la question et tout le monde se mit à rire, même Lucy qui émergeait tout doucement.
- Et vous les filles, avez-vous passé une agréable soirée ? « Autant en emporte le vent » ! Un morceau d’anthologie ! Vous n’avez pas dû vous ennuyer sans parler de ce que vous avez pu raconter sur nous !
- Ah ! le beau Rhett Butler ! soupira Lucy complètement réveillée à cette évocation.
- Parce que vous vous êtes peut-être privés de parler de nous ! s’exclama Tara. De quoi parlent des mecs entre eux ? De sport et de leurs femmes et pas forcément dans cet ordre ; j’espère que vous avez été corrects.
- Tout à fait, assura Myles en baisant les doigts d’Alexandra. Jamais nous ne nous serions permis le moindre mot déplacé vous concernant pas plus que vous d’ailleurs à notre encontre, n’est-ce pas ?
- Bien sûr, mon cœur, mentit Alexandra en l’embrassant sur la joue.
- C’est dégoûtant, grogna Lucy, allez faire ça ailleurs.
Et tout le monde se mit à rire, la journée commençait bien.
- Il faut que je sorte Lévi, dit Sue.
- Je m’en occupe, proposa Myles. Tu viens Lévi, on y va ?
Le chien piétinait d’impatience et suivit son maître de quelques instants avec plaisir.
Les filles se préparèrent et lorsque Lévi et Myles revinrent, tout était fin prêt pour le barbecue. Peu de temps après, le portier appela pour avertir de la présence de Dem, Donna et les enfants qui, après avoir salué tout le monde, demandèrent le permission de jouer à leur jeu vidéo favori.
Alexandra se rendit à la cuisine suivie de Myles et ils refermèrent la porte derrière eux. Ils parlaient à voix basse :
- On leur dit ? demanda-t-elle. A quel moment ?
- Attendons que tout le monde soit là, répondit-il. Tu l’as ?
- Pas encore, tout à l’heure… Oh ! Zut ! chuchota–t-elle en entendant des pas se rapprocher.
Ils ne se laissèrent pas démonter et s’embrassèrent.
- Et ça recommence ! fit la voix de Lucy. Dites donc vous deux, Jack et Bobby arrivent.
- On vient ! s’exclamèrent-ils.
Et ils partirent d’un fou rire au souvenir d’un certain baiser échangé dans l’urgence par Jack et Sue. Sur la terrasse, les couples s’étaient reformés.
- Bonjour, fit Alexandra en embrassant les garçons. Soyez les bienvenus et faites comme chez vous.
- Nous, on fait déjà comme chez nous, dit un des fils de Dem et Donna, très occupé à détruire un horrible monstre de l’espace.
Cette remarque déclancha l’hilarité générale. Alexandra et Myles se regardèrent d’un air entendu. Il déboucha une bouteille de champagne et en remplit les coupes.
- C’est l’anniversaire de qui ?demanda Bobby.
- De personne, précisa Myles en prenant Alexandra par la taille. Nous voulons juste vous dire que vous êtes tous invités à notre mariage.
- J’ai bien lu ? fit Sue à Jack, ils vont se marier ?
Jack hocha la tête en signe d’approbation.
- Tu nous avait caché ça ! s’écria Bobby. Félicitations mon pote ! Et à toi, Alexandra, on ne sait pas quoi dire !
- Très drôle ! dit Myles en riant. La da te définitive n’est pas encore fixée nous pensions en septembre mais ce sera plus sûrement à Noël.
- Quelle idée ! fit Donna, vous voulez vous marier dans la neige !
- C’est une date importante pour nous, expliqua Alexandra tandis que Myles la serrait un peu plus fort contre lui.
- On dirait qu’on a raté un épisode, constata Tara, mais chez moi, c’est une habitude.
Bobby lui donna un baiser dans les cheveux en l’assurant que ce n’était pas le cas.
La future madame Myles Leland sortit sa main de sa poche et montra à ses amis sa superbe bague de fiançailles.
- Tu parles d’un caillou ! s’extasia Lucy.
- J’aimerais que vous soyez mes demoiselles d’honneur, leur dit Alexandra.
Ils se regardèrent et se comprirent. Sue prit la parole :
- Nous sommes très touchées et nous acceptons avec plaisir.
- Ce n’est pas tous les jours qu’on aide un copain à se mettre la corde au cou, ajouta Bobby.
Myles et Alexandra échangèrent un regard qui en disait long sur leurs sentiments. Ca y est, ils avaient franchi le pas.
- Bon, ben maintenant, vous avez le droit de vous embrasser, dit Lucy.
- Ecoutez-la, intervint Myles, elle va nous donner des ordres maintenant. Tu sais très bien que nous n’avons pas besoin de toi.
Et il joignit le geste à la parole.
La journée se poursuivit dans la joie ; les enfants de Dem et Donna étaient adorables et tout le monde finit tout habillé dans le jacuzzi. Myles se trouva gêné lorsque Alexandra sortit de l’eau le t-shirt trempé plaqué sur elle comme pour un concours de t-shirts mouillés. Il la recouvrit très vite d’une serviette et l’envoya se changer sous le regard amusé de ses amis. Il ne changerait jamais. Ils se quittèrent à la tombée de la nuit, gonflés à bloc pour attaquer une nouvelle semaine de travail. Ils en auraient besoin, mais ça c’est une autre histoire.
FIN
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